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le 3 avr. 2025
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Cela fait une éternité que je n'avais pas regardé le moindre film de Mike Leigh. Pour tout dire, cela fait presque douze ans que je suis sur SensCritique et je n'ai ni critiqué, ni noté un seul...
"Deux sœurs" a été l'occasion pour moi de découvrir son cinéaste. À 82 ans et après une absence de 7 ans, Mike Leigh revient et l'on retrouve intacte dans sa capacité à saisir l'ordinaire, à diriger ses comédiens avec précision. Mais pour moi, quelque chose cloche. Ce portrait d'une femme en crise pousse si loin son aigreur qu'il finit par virer à la caricature. Ce n'est pas tant l'intensité du personnage qui dérange, mais l'impression d'un regard appuyé, d'une mécanique qui force le trait jusqu'à rendre l'ensemble artificiel, même irritant.
Pendant 97 minutes, Pansy, incarnée par Marianne Jean-Baptiste, ne cesse d’attaquer son entourage, sans nuance ni explication. Face à elle, sa sœur, solaire et bienveillante, incarne une opposition trop schématique. Leigh accumule les symptômes du mal-être sans jamais offrir de clé de compréhension. Pourquoi tant de ressentiment ? Le film n’en dit rien, et son mutisme et celui de son entourage finit par lasser.
Leigh opte pour un minimalisme resserré sur son actrice, mais alourdit son propos par un symbolisme trop appuyé : la maison glaciale de Pansy, en opposition avec celle de sa sœur. Plutôt que de révéler la psychologie de son personnage, la mise en scène fige le récit dans une austérité stérile.
Malgré tout, Marianne Jean-Baptiste livre une performance intense mais son talent ne suffit pas à compenser un film qui tourne à vide.
Créée
le 31 mars 2025
Critique lue 228 fois
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