Dans le bois de Vincennes se trouve le CRA de Paris (le Centre de Rétention Administrative) où s’y entasse des sans-papiers étrangers en vue de leur expulsion du territoire (en attente d’une décision judiciaire ou administrative). Chaque jour, des femmes s’y rendent afin de pouvoir rendre visite à leur proche (un père, un frère, un mari, un cousin, …). Elles patientent ainsi plusieurs heures, qu'il pleuve ou qu'il vente, sous un modeste abri en bois miteux, dans l’incertitude d’une expulsion ou d’une libération.
Comme l’indique le titre du film, on est devant une pièce de théâtre. Tout se passe (presque) sous nos yeux, l’abri en bois devient la scène et nous ne verrons jamais le centre de rétention (interdiction de le filmer). Les protagonistes entrent et sortent du champ et un dialogue se noue entre le champ et le contrechamp.
Le CRA est une verrue dans le bois de Vincennes. On a tous l’image d’un coin de verdure loin du tumulte parisien, mais c’était sans se douter qu’au fin fond de celui-ci se trouve une prison où des hommes et des femmes innocents (ils n’ont commis aucun crime) y sont enfermés contre leur gré.
Annick Redolfi a souhaité s’intéresser à ce paradoxe en donnant la parole à celles et ceux (ce sont surtout des femmes) qui viennent leur rendre visite et se retrouvent dans l’incertitude d’une fin heureuse. Les portraits sont touchants mais le film aurait gagné à proposer autre chose que des sempiternels témoignages toujours filmés sous le même angle et au même endroit. On a bien compris que la réalisatrice n’avait pas le droit de filmer le CRA mais il est dommage de ne pas avoir cherché à varier les plans ou les témoignages (aucune personne issue du centre de rétention ne prend la parole).
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