Vu de France, le cinéma de Ferzan Özpetek semble inégal et son nom ne vient pas de suite à l'esprit, lorsqu'il s'agit d'évoquer les grands cinéastes italiens (Bellocchio, Moretti, Sorrentino, Martone, etc). Qui plus est, ses films ne franchissent pas tous les Alpes, à l'instar de son avant-dernier, visible sur une célèbre plateforme. Diamanti, en tout cas, ressemble à son défi le plus ambitieux, rendant hommage aux femmes, au cinéma et aux maisons de couture. Le film ne lésine pas sur les costumes, somptueux, ni sur le fourmillement d'intrigues, dans un univers romanesque qui sinue entre le drame et la comédie, avec une élégance avérée. D'un autre côté, la mise en abyme, voulue par le réalisateur, ne paraît pas tellement utile, mais ne gêne pas la dynamique globale du récit. Özpetek aime les actrices et a quasiment réuni toutes celles qui ont déjà tourné avec lui, avec quelques novices en plus. Si le scénario s'égare parfois, il se remet sur les rails grâce aux deux rôles centraux, ceux de dirigeantes d'un atelier de couture, deux sœurs au tempérament très dissemblables. Pour les incarner, il n'y avait meilleur choix que celui de la toujours parfaite et magnifique Jasmine Trinca, qui a même la classe de laisser briller sa camarade de jeu, moins connue, Luisa Ranieri. De fil en aiguille, Diamanti, sans atteindre la splendeur d'une œuvre de Visconti, flatte l’œil et l'esprit sans jamais que ses 2 heures et 15 minutes ne paraissent languissantes.