Porter à l’écran la vie de la princesse Diana, figure aussi fascinante que tragique du XXe siècle, était un pari audacieux. Hélas, Diana (2013) d’Oliver Hirschbiegel s’égare dans une représentation fade et maladroite, échouant à capturer la complexité de son sujet. Ma note de 2/10 reflète une profonde déception, nourrie par un traitement cinématographique qui banalise au lieu d’éclairer.
Ce qui frappe d’abord, c’est l’extrême platitude de la mise en scène. Hirschbiegel, pourtant auteur du remarquable La Chute, semble ici désorienté. Les choix de cadrage et de rythme manquent cruellement d’inspiration, comme si le film se contentait de cocher les cases d’un biopic convenu. Là où l’on attendait de la tension dramatique, on trouve un déroulé mécaniquement illustré, sans souffle ni émotion sincère.
Naomi Watts, pourtant actrice talentueuse, n’a pas les moyens de briller. Non par faute de jeu, mais à cause d’un scénario qui l’enferme dans une caricature douceâtre de la princesse. Le film réduit Diana à une image lisse, romantique et prévisible, négligeant les paradoxes et les tensions qui faisaient d’elle une femme captivante. On la voit amoureuse, fragile, un peu perdue… mais jamais vraiment humaine.
Le film fait le choix étonnant — et regrettable — de se concentrer presque exclusivement sur sa relation avec le chirurgien Hasnat Khan. Ce prisme unique appauvrit le récit. La Diana activiste, stratège des médias, mère attentive et rebelle face à la monarchie disparaît presque totalement. En voulant raconter une histoire intime, Diana oublie l’histoire plus vaste, plus riche, plus significative.
Même sur le plan visuel, le film semble vouloir tout lisser. La photographie manque d’âme, les décors semblent figés dans une volonté de reconstitution proprette. On peine à croire à ce qu’on voit. La mise en image semble anesthésiée, comme si elle craignait de déranger ou de troubler. Un comble, quand on traite d’un personnage aussi bouleversant que Diana.
Ce qui dérange le plus, c’est cette impression de trahison douce. À force de vouloir rendre hommage, le film tombe dans l’aseptisation. Il évite les aspérités, les conflits, les dilemmes, pour ne conserver que les miettes d’une romance sans éclat. Le résultat : un film qui prétend dévoiler mais ne fait que masquer.
En conclusion, Diana échoue à transformer une vie extraordinaire en récit captivant. Mon jugement, certes sévère, se base sur un ressenti profond : celui d’un potentiel gâché, d’un sujet puissant traité avec une frilosité qui frôle la maladresse. C’est un film qui regarde sans voir, raconte sans comprendre, et finit par effacer celle qu’il prétendait célébrer.