Film capharnaüm, donc incompréhensible. Jennifer Lawrence passe une heure et demie à ramper au sol comme un animal. Il aurait dû être tourné comme un drame plutôt que comme un film d’art et d’essai. Cela nuit au message sur le post-partum et ne souligne que l’hystérie féminine, ainsi que la répartition des rôles entre homme et femme, avec le corollaire de l’impossibilité de communiquer.
Avec, comme message final : on creuse son propre trou. Pour un semblant de bonheur, très vite envolé, elle s’est mise dans la casserole et a allumé le feu. Quand l’eau s’est mise à bouillir, c’était trop tard. Ils s’installent dans le même trou où l’oncle s’est tiré une balle par l’anus, comme un nouveau départ. Ils ont simplement pris la place de l’autre dans la farce. Et le cycle recommence.
Bémol pour Robert Pattinson : il faut arrêter de le caster, il ruine l’intensité des films. On dirait qu’il est là par hasard. Il ne ressemble pas du tout à un Américain du Midwest, mais à un Britannique, voire à un Australien. On ne comprend pas vraiment le duo. Il doit probablement incarner, par sa mollesse, la lâcheté. C’est le deuxième film, après The Drama, où l’on sent que le rôle n’est pas fait pour lui.
Le second bémol concerne la caricature féminine : le personnage est écrivaine, comme si le summum pour une femme était d’écrire ou de créer. On ne voit jamais une femme médecin, cheffe d’entreprise ou commerçante, mais une victime dès le début. On romantise le côté bohème et, ce faisant, on enferme la femme dans une précarité financière, puisque, visiblement, elle n’a pas de carrière, sinon elle serait restée dans la grande ville, et non dans une forêt.
C’est extrêmement réducteur, surtout venant d’une réalisatrice, de reprendre toujours ce fantasme d’adolescente, car cela donne une image négative dès le départ. Il faudrait davantage de rôles qui renforcent la femme et sa capacité à ne pas être uniquement mère au foyer comme horizon de vie.
En ce sens, ce film n’aurait pas dû exister : il vaut mieux véhiculer des images fabriquées que des images qui reflètent la réalité, car cela remet de l’eau au moulin. Pour avancer, il faut parfois mentir.