C'est sans doute le meilleur film français sur la guerre. Je serai passé à coté avec son affiche d'avions assombris si je n'avais pas vu des extraits. Comme je suis un passionné d'histoire je ne suis pas passé à coté de tout les petits détails distillés par le film sur une guerre mal connue. La voix off est bien là pour nous rappeler que c'est deux mois de bataille ce qui le classerait dans le genre du documentaire. Il n'en est rien Schoendoerffer fait du vrai cinéma ; entre les plans de décollage dans la pénombre, le bombardement dans un silence sur les collines au début, les plans dans les tranchées et j'en passe.
L’objectif n’est pas de donner ce que l’on attendrait d’un film de guerre. Déjà dans la 317éme section il sortait de la vision morale pour un réalisme brut de la guerre. Ces personnages auront le seul panache de s’engouffrer dans la cuvette, pour le reste cela appartient à l’histoire. Et c’est le reproche que l’on a fait au film, il est chorale pour la partie Hanoï et indifférent et implacable dans la cuvette de Diên Biên Phu. Comme le dit Schoendoerffer il est bien là pour parler d'un pays révolu celui qu'ils appelaient le Tonkin car rien ne se déroule à Paris ou Saïgon. Le film devient une collision entre deux mondes Hanoï et le théâtre des opérations
L’opération était un échec depuis le début, alors il nous montre des personnages de grades divers, tirailleur ou vietnamien dans les tranchées. Ça peut passer pour un simple film d’anecdote de soldat mais c’est bien sa vision, la bataille dépend des chefs mais elle toujours fait par des hommes. Il y a des aspect inutiles je pense au monologue sur Newton ou le personnage de la voyante. Ne reste que son cinéma ne donne pas envie de faire la guerre, quand bien même ce sont des soldats de la légion, il rappelle la peur de la mort qui hante tout homme (je pense au monologue du rat dans l’infirmerie).
Alors oui il faut s'y connaître sur la guerre d’Indochine, mais tout comme si vous voulez comprendre le théâtre de Racine vous devez vous intéressez à la mythologie grecque. Schoendoerffer remet en scène la guerre qu’il avait filmé puis détruit comme dans le film pour une œuvre de réconciliation. La plus grande réussite est cette scène de fin ou les troupes vietminh descende de la colline, glaçante et laisse annoncer le pire qui se passe du hors-film.