Je n'ai jamais écrit un avis sur aucun film, même si j'adore regarder des films comme beaucoup de gens. Mais ici, je tenais à écrire quelques mots.
Pour faire simple, j'ai été diagnostiquée au CRA il y a 7 mois, à 32 ans, et c'est pas évident parce que ça a été une surprise. À travers ce film, j'espérais m'identifier à elle, un peu. On se sent seul quand on a sa propre couleur dans un spectre, un peu comme hors de tout. Parfois, j'ai souris, parfois j'ai ressenti de la peine... Il survolait tout, il voulait parler de tout, était-ce un film de sensibilisation, un documentaire ? Il manquait de la lenteur, de la profondeur, du temps. L'hypersensibilité c'est chaque seconde, dans les moindres détails, les "crises" sont plus "intimes" dans l'autisme au féminin, moins visibles, d'où les diagnostics tardifs d'ailleurs... On prend des années à se construire consciemment ou non un monde où l'on essaie de se protéger, en évitant les interactions avec les études à distance par exemple, ou les relations avec des personnes fêtardes, on semble "timides" (donc pour poser 150x la question si on est viré heu...) et extrêmement souvent, on se retrouve sans emploi, évidemment... Et puis combien ne conduisent pas, ne travaillent pas, sont épuisés, dépressifs... Tout cela se passe en silence, parce qu'on se dit que personne ne peut comprendre, que c'est impossible de trouver les mots pour se définir de toute façon. Un peu hors du temps, pas à la même vitesse que les autres... Si ce film avait pour but d'être une sensibilisation : Savez-vous qu'après un diagnostic, on passe des mois à se revoir ses souvenirs sous ce nouvel angle ? Savez-vous que le diagnostic est au début généralement difficile à accepter pour une personne avec un tsa, qui a besoin de rationalité, sans "preuve" comme des biomarqueurs ?
Et puis il y avait des scènes qui n'apportaient pas grand chose (comme le gars qui se fait draguer), et d'autres clichés... On peut se demander comment a-t-elle pu avoir un diagnostic aussi tardif avec des "crises" aussi "clichées". Parfois, j'avais l'impression qu'on nous disait "elle est insupportable parce qu'elle a un TSA" (blessant). Mais on sent bien que tout est fait pour montrer plus que pour raconter. Ils enchaînent les informations sur l'autisme chez la femme, ce qu'elle va traverser, les réflexions, les réactions, ses comportements. Tout se défilait si vite sous mes yeux, je n'ai pas pu m'attacher à ce personnage malgré que j'en avais vraiment envie...
Parfois, il suffit de raconter un petit bout, avec énormément de sincérité, dans le monde si vaste du TSA au féminin, plutôt que de le survoler et le rendre presque superficiel.
Donc voilà, c'est peut-être nul ce que j'ai écrit mais ça me tenait un peu à cœur ^^'