8
le 29 sept. 2026
SuivreTom Creuse
Sans spoilerEn cette période incertaine où l’enchaînement des crises s'accélère en intensité et en fréquence, Alejandro Gonzalez Inarritu déploie dans son dernier film Digger un état des lieux des...
"À défaut de contrôler la nature, on contrôle le narratif."
Marquant la première collaboration entre les talentueux Tom Cruise et Alejandro González Iñárritu, ce «Digger» donne lieu à une œuvre pour le moins clivante, mais ne pouvant vraiment laisser indifférent.
Dans la lignée d'un «Docteur Folamour» ou d'un «Don't Look Up», une farce frontale et assez féroce sur un monde creusant sa propre tombe en toute connaissance de cause.
Pour son premier rôle post-«Mission:Impossible», Cruise nous refait une "Les Grossman" et fait des étincelles, grimé cette fois-ci en vieux magnat du pétrole au look de cow-boy et ayant l'oreille du président des USA, métaphore du capitalisme borné, cynique et manipulateur, à l'origine de la catastrophe mondiale en cours, mais rejetant (à l'occasion d'un discours tonitruant) la faute sur les "consommateurs" plutôt que de se remettre en question ("C'est le prix à payer quand on fait du business.").
Incarné par une mise en scène à l'esthétique très soignée (dont quelques plans m'ont rappelé le cinéma de Wes Anderson) et un casting à l'énergie volontairement hystérique, une satire en huis clos à la fois grotesque et tragique sur l'hypocrisie des puissants de ce monde, gesticulant face à l'abîme qu'ils ont eux-mêmes créé.
Une satire au discours renforcé par la mise en abyme théâtrale qui la traverse (venant rappeler le précédent «Birdman» du même Iñárritu), et ce jusqu'à une conclusion (que je pressentais au cours du film) où le pire s'est déjà produit et où l'art devient une forme de catharsis pour les survivants.
Une œuvre singulière, qui ne plaira clairement pas à tout le monde de par le ton qu'elle emploie (comme le démontre son flop actuel au box office américain, nouvelle illustration d'une Amérique qui a bien du mal à se déplacer en salles pour regarder ses travers en face), mais un anti-blockbuster jusqu'au-boutiste au sein duquel un plateau devient un monde condamné d'avance.
Mieux vaut en rire qu'en pleurer ?
Bref, du cinéma de sale gosse (im)pertinent qui fait plaisir à voir, possédant une liberté de ton assez rare au sein du système hollywoodien actuel. 7,5-8/10.
Créée
il y a 3 jours
Critique lue 23 fois
8
le 29 sept. 2026
SuivreSans spoilerEn cette période incertaine où l’enchaînement des crises s'accélère en intensité et en fréquence, Alejandro Gonzalez Inarritu déploie dans son dernier film Digger un état des lieux des...
5
le 29 sept. 2026
SuivreAlejandro González Iñárritu revient avec une idée assez folle pour avoir quelque chose de réjouissant : confier à Tom Cruise le rôle d’un magnat du pétrole texan qui provoque une catastrophe...
4
il y a 6 jours
SuivreAttention toutefois, il ne s’agit pas de petite monnaie ou de simple pièce jaune (on est chez un cinéaste multi oscarisé quand même, pas chez Bernadette), mais d’une pièce volumineuse, massive,...
8
le 16 mars 2024
SuivrePremier film de l'actrice Paola Cortellesi (également personnage principal ici) et grand succès critique et public (récompensé par le Prix Spécial du Jury et le Prix du Public au Festival du Film de...
7
le 25 oct. 2021
SuivreArthur Howitzer Jr., le rédacteur en chef du célèbre journal "The French Dispatch", décède subitement. Pour lui rendre hommage, un choix d'articles qui ont fait la gloire du journal sont réédités...
2
le 7 févr. 2018
SuivreÇa vous est déjà arrivé de vous retrouver devant un film et de vous questionner sans cesse sur ce que vous faisiez là, que vous vous étiez trompé de salle et que vous pourriez être ailleurs pour...