En faisant le compte des films que j'ai découverts en salle cette année, la très grande majorité étaient des adaptations, quelques autres étaient des suites, mais très peu étaient des oeuvres originales. Forcément, quand un film comme Digger débarque, ça m'interpelle.


La bande annonce vendait clairement quelque chose de décalé sans trop se dévoiler: un chat mort-vivant et un Tom Cruise bedonnant dans une satire politique.


Il en résulte en définitive le film le plus imprévisible que j'ai vu depuis bien longtemps, et ça fait un bien fou ! Le ton est décalé, parfois absurde, mais toujours cynique. Tout le monde en prend pour son grade, des capitalistes éhontés aux bourgeois progressistes, en passant par les américains avides de pouvoir, mais c'est surtout l'hypocrisie qui mène la danse.


Après Birdman ou (La Surprenante vertu de l'ignorance), Digger aurait pu être sous-titré en paraphrasant un célèbre philosophe de notre temps: "Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités". Et le film nous met justement sous les yeux ce qu'il advient quand la responsabilité de chacun s'efface au profit de l'intérêt personnel.


Il partage avec Don't Look Up la thématique du déni de la catastrophe, mais avec une sorte d'humour décalé façon Wes Anderson, ce qui est d'autant plus frappant que la trame sonore participe entièrement a ce décalage de ton. Là ou Anderson y créé un forme de poésie, le film d'Iñarritu emmène le cynisme à un niveau meta, transformant cette tragédie en spectacle.


La direction artistique est soignée, malgré une photo assez terne, mais qui sert parfaitement le propos.


Et puis, dans toute cette joyeuse tragédie, il y a Tom Cruise. Je l'ai rarement vu dans ce registre, totalement en roue libre, à contre-emploi. Son personnage est à la fois grotesque, puissant et pathétique. J'y ai retrouvé quelque chose de son personnage de Magnolia, dans son énergie, sa capacité à occuper l'écran, mais rattrapé ici par le poids des années.

John Goodman est truculant dans cette version de Potus accablé par un cancer du trou de b*lle symbolisant l'état du monde.


Je suis ravi d'avoir enfin vu un blockbuster qui ose enfin sortir des rails et qui a les couilles d'aller au bout de ses idées. Ça ne plaira pas à tout le monde, mais ça fait très plaisir de voir ça au cinéma !

Korleone
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les films les plus attendus de 2026

Créée

hier

Digger

Digger

8

Alyson_Jensen

le 29 sept. 2026

Suivre

Tom Creuse

Sans spoilerEn cette période incertaine où l’enchaînement des crises s'accélère en intensité et en fréquence, Alejandro Gonzalez Inarritu déploie dans son dernier film Digger un état des lieux des...

Digger

Digger

5

Kelemvor

le 29 sept. 2026

Suivre

Le grand cirque de l'apocalypse

Alejandro González Iñárritu revient avec une idée assez folle pour avoir quelque chose de réjouissant : confier à Tom Cruise le rôle d’un magnat du pétrole texan qui provoque une catastrophe...

Digger

Digger

4

Cosmo_

il y a 5 jours

Suivre

La pièce dans la machine à ego

Attention toutefois, il ne s’agit pas de petite monnaie ou de simple pièce jaune (on est chez un cinéaste multi oscarisé quand même, pas chez Bernadette), mais d’une pièce volumineuse, massive,...

Salade grecque

Salade grecque

9

Korleone

le 15 avr. 2023

Suivre

Critique de Salade grecque par Korleone

Quand j'avais 19 ans, j'ai découvert l'Auberge espagnole et je suis tombé amoureux de ses personnages hauts en couleur. J'ai suivi leur évolution au fil des suites et chaque retrouvaille était un pur...

La Bataille De Gaulle - Partie 2 : J'écris ton nom

La Bataille De Gaulle - Partie 2 : J'écris ton nom

7

Korleone

le 28 juin 2026

Suivre

A la Volonté du Peuple

Plus que de Gaulle lui-même, c'est la naissance de la Résistance et le ralliement progressif du peuple qui deviennent le centre du récit. Antonin Baudry élargit un peu son regard et s'attache aux...

Raison et sentiments

Raison et sentiments

8

Korleone

le 24 sept. 2026

Suivre

Le cœur dicte, la raison impose

Qu'attendre d'une énième adaptation de Raison et Sentiments ? Forcément, difficile de ne pas penser au film d'Ang Lee, plus de 30 ans après, et dont j'avais aimé le scénario et l'élégance parfois...