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Au début je savais pas trop quoi en penser, j’étais très dubitatif. Après avoir écrit et un peu réfléchi je pense que j’aime pas trop. À la fois le double niveau est bien vu, les changements de formats, etc, la caméra à une sorte de focale déformante je saurais pas trop bien expliquer mais en tout cas c’est relativement intéressant. D’un autre côté, ça se repose en fin de compte sur une grammaire cinématographique assez convenue et très illustrative, les champs contre champs, les establishing shots, etc. J’ai trouvé ça perturbant au début, du au fait de filmer un plateau de tournage avec les règles de la lisibilité géographique pour un lieu qui est monté de toute pièce et qui du coup paraît un peu incohérent. En même temps, les cadres sont assez picturaux, parfois franchement joli, les personnages pris dans le décor, comme une façon de les iconiser. Donc le film est pas dénué d'idée de mise en scène non plus mais il a franchement des grosses limites.
Encore d’un autre côté, je trouve le film très balourd, c’est le principe de la satire à la limite, mais même quand on sort de la pièce filmé, il faut toujours que des dialogues expliquent que c’est une satire, que les enjeux émotionnels et politiques soient répétés. Laisse parler tes images putain les gens sont pas idiot on avait compris que c’était une satire sur les milliardaires, les responsables politiques et le danger climatique. C'est toujours surligné partout et franchement ça me gave quoi.
Au fond, tout ce dispositif d’enchâssement narratif me semble beaucoup plus être un fétiche du réalisateur (un peu à la Nolan) qu’un choix formel innovant et intéressant, ça sert juste un empilement narratif avec une deuxième intrigue qui a vraiment l’air d’être empilée sans nécessité interne. Ce genre de dispositif me semble être intéressant pour les acteurs cependant, rien contre eux, par contre la direction… Franchement c’est du surjeu constant et autant ça colle très bien à la satire, autant des qu’on sort de la pièce ça fait vite tache parce que du coup il n’y a pas de différence substantielle dans le jeu des acteurs entre les deux registres. Tom Cruise s’en sort relativement bien quant à lui, il joue finement la différence entre son premier personnage et son deuxième, qui ressemble beaucoup à son premier mais pas complètement, fine ligne qu’il arrive à tenir assez bien, même si encore une fois, à force de trop crier tout le temps ça finit par être unidimensionnel et pas très intéressant. Evidemment ça a la gueule d'un oscar bait tout de même.
Au fond la proposition me paraît tiédasse, pas assumé, pas vraiment de vrai rupture formelle, excepté l'esbroufe du changement de format, entre les deux niveau de récits. Tout ça me paraît très artificiel et ressemble à un genre d’exercice technique mais sans véritable volonté esthétique.
Créée
le 30 sept. 2026
Critique lue 18 fois
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