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Digger est typiquement le genre de film qui risque de provoquer autant de sorties de salle que de critiques cinq étoiles.
Iñárritu se lance ici dans une satire extrêmement stylisée, et l’adhésion à son univers grotesque déterminera probablement une bonne partie de l’expérience. Les performances sont volontairement outrancières, au point que le mot « jeu » semble parfois un peu faible pour décrire ce qui se passe à l’écran. Tom Cruise se jette à corps perdu dans cette folie, tandis que John Goodman est tout aussi réjouissant au milieu de cette parade de clowns puissants et irrationnels.
Le montage fragmenté ne facilite pas vraiment les choses, et l’aspect méta — avec le décor de théâtre, les techniciens et toute la machinerie constamment visibles autour des personnages — est à la fois très original et assez intimidant.
Il y a pourtant une idée assez brillante derrière tout ça : représenter notre monde comme une immense scène où le capitalisme détruit joyeusement la planète pendant que nous assistons tous au spectacle. Malheureusement, une fois le rideau tiré, je ne suis pas certain que le film ait tant de choses à nous dire.
Le discours écologique et anticapitaliste est bien présent, mais il lui manque cette profondeur philosophique ou cette idée assassine qui aurait pu transformer tout ce cirque en quelque chose de réellement dévastateur.
Et choisir Tom Cruise comme figure centrale d’une satire qui parle notamment de catastrophe climatique ajoute une couche d’ironie assez fascinante — volontaire ou non, son empreinte carbone mériterait presque son propre rôle au générique.
Par moments, j’ai pensé à Mickey 17 et Poor Things, deux films récents qui utilisent eux aussi l’absurde, le grotesque et des univers artificiels pour parler de problèmes bien réels.
Je comprends également les inévitables comparaisons avec Docteur Folamour, mais pour moi Kubrick évolue plusieurs étages au-dessus, aussi bien dans la précision de la mise en scène que dans la maîtrise du ton et, surtout, dans l’impact.
Digger est ambitieux, étrange, agaçant, inventif et parfois très drôle — quelquefois tout cela en moins de cinq minutes.
Un fascinant bordel, peut-être, mais un bordel quand même.
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il y a 3 jours
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