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le 29 sept. 2026
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J’avais beaucoup aimé The Revenant, pareil pour Birdman puis le format VistaVision m’intéresse aussi beaucoup (contrairement à l’IMAX, logique mdr j’en verrais jamais), et en vrai j’en attendais beaucoup du film au vu des images que j’avais vues même si j’suis vraiment pas fan de "Tonnerre sous les tropiques" et que je voyais pas trop l’intérêt de faire un film sur le personnage mais après tout why not ?
En fait j’suis partagé parce que j’aime pas mal l’idée de faire un film en pure satire, mais là je trouve que c’est pas si bien fait : alors oui le côté satirique est bien mis en place mais déjà niveau gag, je trouve ça limité, fin c’est drôle quelque fois mais pas de quoi se rouler par terre franchement. Et j’ai un vrai problème avec les sous-intrigues, que ce soit la sœur de Digger ou la famille de Curtis : non seulement, je m’en contrefous complet de leurs personnages, celui de Sandra Hüller aurait pu être intéressant mais là c’est écrit avec les pieds et même le film n'en a rien à foutre d'elle, mais par-dessus tout, vouloir injecter une espèce de pseudo tristesse liée à la disparition de sa fille, c’est vraiment inutile, on s’en tartine la biscotte à un point !
Puis, le fait d’avoir séparé son récit en deux, c’est vraiment une grosse erreur, ça vient casser le côté satire donné à l’histoire de Digger, tout ça pour nous foutre des personnages sous-développés comme celui de Jesse Plemons pour nous dire « attention, il n’y a pas que des méchants riches ! » ou encore les intrigues avec sa fille où on ne sait pas trop ce que ça fout là, bref. Puis pourquoi cette ellipse à la fin de la fiction ? Je trouve ça amené un peu n’importe comment, histoire de dire « opopop on a sorti nos derniers twists, on termine vite le film », surtout que c’est inintéressant et pas dingue à voir.
Le style est bien plus posé que Birdman, ça pouvait limite faire penser à du Wes Anderson parfois (pour mon plus grand plaisir). Parce que visuellement y’a rien à redire, c’est vraiment beau ce côté irréel des décors, puis comment on passe de la fiction à la réalité (même si la technique me passe un peu au-dessus, c’est surtout la façon dont la frontière entre le réel et la fiction s’efface au fur et à mesure qui m’a plu). La photo de Lubezki est vraiment réussie comme à chaque fois. La musique originale est vraiment sympa, elle donne un côté « organique » à l’œuvre, elle lui correspond vraiment (puis la musique à la fin est vraiment pas mal). Mais je ne sais vraiment pas qu’est-ce qu’ils ont tous à vouloir parler d’apocalypse ces temps-ci entre Scott et Iñárritu.
Mais sur les réflexions abordées, c’est pareil, c’est un peu en demi-teinte : d’un côté, j’ai bien aimé la satire de ces riches grossiers, la scène de Digger dans l’amphi est formidable, comment le mec arrive à tout rejeter sur eux puis à s’imposer comme sauveur du monde alors que c’est lui qui est à l’origine des problèmes, j’trouve ça fabuleux tout ce monologue. Même si j’ai pas vraiment compris sa fin à lui, peut-être suis-je trop débile ou bien Iñárritu n’a vraiment pas fait d’efforts. J’ai bien aimé aussi comment le dilemme à la fin est vite écartée, cela colle parfaitement à l’œuvre. Mais de l’autre côté, il y a des réflexions intéressantes qui auraient pu être développés dans la partie « réalité » du film : la réflexion sur le pouvoir de la satire, l’opposition acteur/réalisateur,… Mais tout ça n’est jamais exploré et se règle en une scène un peu con-con, donc au final ça fait juste tâche. La thématique de l’art et du théâtre pouvant faire passer une catastrophe en récit amusant et épique est trop surlignée par Iñárritu, d’une façon générale j’ai un peu l’impression qu’il veut toujours expliquer et surligner les choses, c’est un peu dommage dans une œuvre où tous les curseurs sont mis à max d’en venir rajouter une couche avec ces surdoses de « clarification ».
J’aurais clairement voulu avoir plus de burlesque, que ce soit plus drôle. Globalement, c’est sans doute trop sage et académique pour l’envergure du projet (mais ça plaira aux Oscars, Alejandro, t’en fais pas !). Et bien sûr que le fait d’avoir fait un film uniquement dans le but de faire remporter un Oscar à Tom Cruise m’énerve. Pas que je ne l’aime pas, au contraire, limite je l’apprécie, mais ça devient de plus en plus tendance de consacrer et dédier toute une œuvre à un acteur tout ça pour que Môsieur remporte sa p’tite statuette. Mais bon, je préfère voir une œuvre satirique comme ça plutôt qu’un vieux sermon de Monsieur Hollywood même si la morale écologiste c’est un peu comme apporter de l’eau à la mer…
Créée
le 3 oct. 2026
Critique lue 8 fois
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