Michel Ocelot nous propose ce charmant « Dilili à Paris » qui nous enchante à plusieurs égards, mais qui nous désespère aussi sur d’autres aspects.


Paris est gangréné par un gang de malfaiteurs, les Mâles-Maîtres, qui kidnappent les petites filles. Dilili mène l’enquête, aidé de ses amis. L’histoire est l’occasion de rencontrer une panoplie de personnages du Paris de la fin du XIXe siècle, et notamment quelques figures populaires, et de profiter des environnements majestueux de cette époque.


Bien que très ordinaire, l’histoire n’est pas désagréable, mais enchaine quelques maladresses. Le fait que Dilili et que d’autres Kanakes, divertissent les passants dans une sorte de zoo, m’a laissé un peu perplexe. La séquence est par ailleurs inutile, puisqu’il ne s’agit pas vraiment du propos de l’œuvre, même si le racisme et l’ignorance sont des thèmes évoqués par instant. La condition de la femme, et la dictature du sexe fort sont des critiques violentes qui manquent beaucoup de subtilité, là encore. Michel Ocelot nous a déjà habitués à plus de poésie et de délicatesse.


La poésie n’est toutefois pas absente de l’œuvre, on la retrouvera davantage sur la forme que dans le fond, avec des scènes visuellement magiques.


L’ambiance est peu aboutie, même si c’est joli. Les décors sont des photographies réelles collées en arrière-plan, et j’ai trouvé le procédé un peu grossier. L’animation n’est pas des plus réussies elle non plus, une 3D qui imite un travail plus classique dans un rendu minimaliste, sur la forme comme dans le mouvement. Mais pour peu que l’on soit habitué au travail d’Ocelot, on s’habituera très vite au rendu déjà aperçu dans ses autres oeuvres.


Le vrai problème pour moi est la manière dont parlent les personnages, d’une lenteur et d’une précision grotesque. Cela nous donne le sentiment que les acteurs lisent et découvrent leur texte au dernier moment. Ce n’est pas du tout naturel. Mais là encore, c’est une sorte de marque de fabrique d’Ocelot. Pourtant on ne peut que s’interroger sur les raisons de ce procédé.


Les personnages sont d’une lisibilité déconcertante. Peu crédibles, ils se contentent de vivre les événements narrés, sans vraiment s’investir émotionnellement. Une autre habitude d’Ocelot (même si Kirikou souffrait moins de ce constat).


Malgré ses nombreux défauts, le film convainc par son originalité, sa fraicheur et sa profonde simplicité. La magie opère, et on se laisse entrainer avec plaisir dans cette visite de Paris au cœur de la Belle Epoque. On prend du plaisir à écouter ce conte, sans prise de tête, et on ne peut qu’adhérer aux valeurs qui y sont dépeintes. C’est un spectacle original, qui ne saurait laisser personne indifférent.


https://www.cineanimation.fr/

Casse-Bonbon

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