C'est vrai que sur le fond, le film déçoit un peu, après Azur et Asmar ou Kirikou (bien plus subtils que ce film, où le message est asséné assez lourdement). Mais la forme, elle, est satisfaisante; Je trouve l'emploi des photographies assez réussi.
Le plus agaçant, ce sont les facilités scénaristiques qui font apparaître à chaque scène une personnalité de l'époque de façon parfois assez artificielle. Et l'histoire (celle des Mâles Maîtres) est assez peu raccord avec le ton général du film. Peut-être l'intention était-elle de proposer une histoire dans le style des intrigues romanesques parues à cette époque, avec complots et sociétés secrètes, mais c'est un peu manqué. Pourquoi cette idée très improbable, au lieu d'évoquer , fût-ce par le biais d'une intrigue à complots, les luttes féministes de l'époque (ou l'accès des femmes à certaines fonctions, au droit de vote, etc...) ? Louise Michel et Marie Curie se seraient très bien insérées dans un tel sujet.
On notera aussi quelques anachronismes ou erreurs dans la présentation des personnages , par exemple quand il est dit que Marie Curie a obtenu une prestigieuse récompense, le prix Nobel. En 1900 (date de l'action), aucun prix Nobel n'avait encore été décerné (ça sera pour fin 1901) , La plus importante reste le fait que Dilili ait eu Louise Michel comme institutrice : vu la date de l'action (1900) et l'âge supposé de Dilili , à sa naissance Louise Michel avait déjà quitté la Nouvelle Calédonie depuis longtemps. Des erreurs qui plombent le film en augmentant l'aspect name-dropping quelque peu artificiel.
Dommage, car ça commençait bien , avec l'évocation (brève) des zoos humains, raison initiale de la présence de Dilili à Paris. Autre (brève) scène réussie, quand le journaliste se croit obligé de parler à cette petite métisse en "petit nègre"...Dilili est une métisse,parfois trouvée trop blanche par les Kanaks, trop kanak par les Européens (en Nouvelle-Calédonie ou en métropole),et ne sait parfois pas où se "placer", idée qui n'est pas vraiment exploitée.
Le film reste toutefois assez agréable à suivre , même s'il est plombé par ce name dropping et l'excès de pédagogie.