Rarement un film m'aura paru aussi insupportable dans son vide affligeant. Direct Action est de ces œuvres qui confondent durée et profondeur. Les plans s'étirent interminablement, non par nécessité esthétique, mais par paresse formelle - ils durent pour durer, capturent du joli pour le joli, sans qu'aucune transformation n'opère à l'image.
Car c'est bien là le problème : contrairement à Sharon Lockhart, dont le dispositif rigoureux fait éclore le réel, Direct Action se contente de filmer. Pas de mise en scène, ou d'accueil. On regarde ça d'un œil distrait, sauvé par miracle par la texture de la pellicule - cette idée révolutionnaire des ces dernières années censée combler tous les manques de pensée.
Le montage ? Inexistant. Là où James Benning fait des collisions de blocs temporels un véritable discours sur le monde, créant des rapports de force entre les images, Direct Action se contente d'aligner mollement ses séquences. Voilà la belle vache. Le joli pain. Une petite réunion - parce que bon, on est à la ZAD, il faut bien qu'on fasse croire que notre film est un peu politique. Puis cassons un mur pour faire de l'action (seul moment esquissant fugacement une idée de cinéma, avec ses jeux d'apparition-disparition).
Mais bon sang, où est le regard ? Où est le cinéma, franchement ? Le film se contente de mimer une forme documentaire contemplative sans en comprendre les enjeux. Une imposture esthétisante qui fait du joli là où il faudrait une percée.