En sortant de la salle, je me suis tout de suite dit que le film ne plaira pas à tout le monde. Il aboutira sans doute à bien des débats ne serait-ce que pour sa lenteur - loin du blockbuster estival que nous vend la promotion -, la candeur très affirmée de l'oeuvre et sa fin très abrupte. D'autant plus que certains peuvent y trouver une simple modernisation de Rencontres du Troisième Type, Disclosure Day partant littéralement sur le même terrain en ce qui concerne son intrigue principale - de part des phénomènes étranges, des personnes se retrouvent pris dans un engrenage et découvrent que nous ne sommes pas seuls dans l'univers. Mais là est toute la subtilité du film. Car s'il est bien une relecture de son film de 1977, ce n'est pas vraiment les aliens qui intéressent ici Spielberg. Mais plutôt une toute autre thématique qui est, en réalité, le coeur même de Disclosure Day : l'information. Pendant près de 2h30, nous suivons une course contre la montre pour le droit à la vérité. Comment, à l'époque à laquelle nous vivons, avec conflits géopolitiques et perte de foi en l'Humanité, nous nous retrouvons dans ce monde où les médias ne sont que façades et déshumanisation - il suffit de voir à quel point les présentateurs de JT du film paraissent robotiques. C'est par ce traitement que Disclosure Day tire en réalité toute sa force et qu'il en devient captivant. Sans compter que, aux portes de sa huitième décennie, le cinéaste offre au public une nouvelle leçon de cinéma. Sa mise en scène est toujours aussi énergique et ingénieuse, le cinéaste gratifiant son film d' images somptueuses et d'un rendu à la maîtrise technique toujours aussi impressionnante - l'emploi de plan-séquences millimétrés à l'excès. Je rajouterai également que l'ensemble profite d'une des meilleures interprétations d'Emily Blunt, la comédienne parvenant à offrir autant de légèreté que de sensibilité à son personnage - une pensée pour le moment où elle est victime d'une crise d'angoisse, dans un wagon rempli de piano. Mon regret : que le film n'arrive pas à rendre son émotion palpable, contrairement aux précédentes oeuvres de Spielberg. La fin en avait clairement besoin. Il n'empêche que je reste conquis par la nouvelle proposition du réalisateur. Et que je reste une fois de plus émerveillé parce qu'il apporte à une longue et exceptionnelle carrière.

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le 14 juin 2026

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