En m'installant dans la salle de ciné, j'étais intrigué. Déjà par le retour du grand Steven, mais aussi par le concept global de Disclosure Day. La bande-annonce annonçait une révélation mondiale et j'attendais d'en voir les conséquences. Pourtant, j'ai eu la sensation de ne pas voir le film vendu par sa promotion : cette fameuse révélation n'arrive véritablement qu'à la fin alors que je pensais qu'elle constituerait le cœur du récit.
Entre-temps, le scénario accumule les mystères et les intrigues sans toujours parvenir à être structuré . On assiste à une succession de scènes qui semblent parfois posées là sans trop de raisons. Les crop circles en sont un exemple flagrant, mais également la scène du train qui (hormis le clin d'œil à Duel) ne parvient pas à obtenir le résultat escompté. Mais quel est donc cet artéfact magique, digne des plus grands super-héros ? Invisibilité, contrôle mental via quelques électrodes savamment disposées sur le crâne... (pas en cristal cette fois-ci). J'espérais une orientation plus "scientifique", mais j'aurai dû m'en douter, Spielberg reste un conteur, un grand rêveur.
Visuellement, Janusz Kaminski nous a habitués à mieux. Le film est infesté de lens flares ! Ils sont partout ! Alors si c'est un moyen de nous dire regardez autour de vous, les aliens nous entourent, bah c'est pas très subtil. Mais honnêtement, j'y ai surtout vu un tic répétitif. Hormis une très belle scène utilisant un reflet dans une vitre à l'hôpital, je n'ai pas retrouvé l'inventivité des collaborations Kaminski / Spielberg. Même constat pour David Koepp, capable du meilleur comme Jurassic Park, L'Impasse ou Snake Eyes, mais aussi de scénarios beaucoup plus discutables comme Jurassic World: Renaissance, Fenêtre Secrète ou Indiana Jones 4. Le film tente pourtant d'aborder des thèmes intéressants autour de la foi, de la religion et de la place de l'humanité face à une intelligence supérieure, mais ces idées restent à l'état d'ébauche. Je n'ai d'ailleurs ressenti que peu d'émotion au cours du récit, à l'exception de quelques scènes impliquant la manipulation de Jane.
Même si je ne suis pas un grand fan de son Rencontres du troisième type, voir Steven Spielberg revisiter les thèmes qui ont fait sa légende et se planter à ce point m'a franchement déçu. Il manque cette étincelle d'émerveillement et d'invention qui transformait autrefois ses films en moments de cinéma.