Traqués par une mystérieuse organisation paragouvernementale, quelques humains s'apprêtent à révéler au monde l'existence d'une civilisation extraterrestre.
Avec "Disclosure Day" , Steven Spielberg replonge dans la science-fiction et signe une œuvre qui parle autant des visiteurs venus d'ailleurs que de notre planète au bord de la rupture. Le résultat est un objet hybride et ambitieux : à la fois blockbuster d'aventure porté par plusieurs séquences spectaculaires, polar politique héritier des grands thrillers paranoïaques des années 70 — un aspect auquel je suis resté plutôt hermétique — et fable d'anticipation sur la coexistence entre humains et non-humains.
L'équilibre est parfois fragile, certaines maladresses affleurent, mais le talent du cinéaste finit toujours par l'emporter. La mise en scène est tout simplement virtuose. Mouvements de caméra, gestion de l'espace, sens du rythme et du spectacle : Spielberg rappelle avec une aisance déconcertante pourquoi il demeure l'un des plus grands conteurs visuels de l'histoire du cinéma.
Au cœur du récit flotte un thème profondément spielbergien : l'empathie. Comprendre l'autre plutôt que le craindre. Daniel et Margaret incarnent ainsi les 2 piliers du salut selon le réalisateur : la Science et la Compassion. Comme souvent chez lui, ces valeurs trouvent leur source dans l'enfance, territoire émotionnel qui continue d'alimenter son imaginaire. Une magnifique scène en hommage à "Blanche-Neige "rappelle d'ailleurs qu'il sait encore convoquer la poésie avec une grâce rare. Et cette scène restera dans ma mémoire - ainsi que les 30 dernières minutes du film .
Alors pourquoi seulement 7/10 ? A mon sens "Disclosure Day" n'est pas le chef-d'œuvre espéré. L'émotion, pourtant essentielle dans son cinéma, reste trop souvent à distance. Quant au mysticisme qui irrigue le récit, il paraît parfois un peu facile et peine à convaincre pleinement.
Reste un blockbuster assez solide, intelligent et régulièrement captivant, traversé d'éclairs de génie qui rappellent qu'un Spielberg mineur surclasse encore bien des productions contemporaines. Je continue de croire en lui et je trouve honteux et irrespectueux que certains se permettent de dire qu'il devrait prendre sa retraite