La filmo de Spielberg est depuis longtemps un effroyable terrain miné où le meilleur (Jurassic Park, Minority Report) côtoie le pire (Jurassic Park 2, A.I., Indiana Jones 4). Malgré son imposante contribution au 7ème Art, je suis rarement emballé par ses films, mais son aura suffit encore à m'attirer dans une salle de ciné après 20 ans de marasme et BEAUCOUP trop de Tom Hanks.

C'est donc avec un enthousiasme déraisonnable que j'ai abordé Disclosure Day en l'attendant comme le film de la réconciliation, le retour Fracassant d'une icône du cinéma et un gros blockbuster à l'ancienne, aux antipodes du cynisme épuisant de la recette Disney. Bilan : on est loin aussi loin de l'échec total que de la réussite, et c'est un film très difficile à noter, dans lequel le meilleur côtoie le pire.


Disclosure Day nous place dans un avenir proche sur lequel plane un malaise politico-sociale indéfini, et nous raconte les derniers jours avant la révélation de l'existence des extraterrestres. Je vais tout de suite de modérer vos attentes, car j'aurais bien aimé le savoir moi-même : c'est là que le film s'arrête, et vous ne verrez rien des conséquences de cette révélation.

C'est hautement subjectif, mais à mon sens, c'est l'un des plus gros soucis du script : en se concentrant sur la course poursuite entre ceux qui veulent révéler le truc et ceux qui veulent le cacher, Disclosure Day est le chapitre un peu nul calé entre deux histoires bien plus intéressantes : toutes les rencontres du troisième type entre les années 50 et maintenant, et l'après "Disclosure day", quand l'humanité fait face à l'impact de la révélation. Entre deux, on a des gens qui se poursuivent en voiture, à pied ou en train, et ils pourraient aussi bien le faire autour d'une valise de billets.


Malgré tout, le film a souvent réussi à m'emporter, en plongeant directement dans l'action via une scène d'intro intrigante, et des couches de mystères sur des kilos de secrets, avec un script qui distille lentement les réponses pour nous tenir en haleine.

Le film m'a tenu tant qu'il avait encore des mystères et que je ne savais pas encore où ça allait (Emily Blunt qui sait trop de choses, les animaux, l'artefact bizarre, toutes ces règles inexpliquées, ce qui s'est passé avant, les vidéos, qui est ce mec au téléphone dans un studio de tournage, etc). Le revers de la médaille : quand il a fini de dévoiler ses cartes, il n'en reste plus rien, et ses dernières tentatives de révélations tombent à plat.

Entre les deux, il y a beaucoup de moments d'émotion ratés, de scène d'action gratuites, et quelques séquences vraiment réussies, portées par une réalisation dynamique qui prouve une fois de plus que Spielberg est un excellent technicien, à défaut de savoir s'entourer.


o o o


Commençons par le tragique manque de charisme du casting :

• Emily Blunt, c'est oui. Je l'aime d'amour depuis Sicario et Edge of Tomorrow, et c'est la seule actrice qui se sort du médiocre bourbier de Disclosure Day.

• Josh O'Connor est transparent. Il m'a rappelé que c'était aussi Spielberg qui avait mis Chia Labouffe sur le devant de la scène et qui continue de sur-utiliser le fadasse Tom Hanks.

• Colin Firth est un méchant de cartoon et peine à apporter la moindre profondeur à son personnage.

• Eve Hewson est nullissime. Ou c'est peut-être juste son perso..? Après tout, en 2008, on était tous convaincus que Robert Pattinson était mauvais.

• Colman Domingo est bien mignon, mais il en fait des caisses dans son rôle de gentil prophète.


À côté de ça, on a aussi plein de trucs qui n'ont cessé de me faire sortir du film :


■ De gros raccourcis émotionnels, avec des persos qui se mettent à chialer dans une scène prétendument intense, sans qu'on comprenne bien pourquoi. Eve Hewson qui fond en larmes après 3 secondes d'aliens maltraités, c'est plus de l'empathie, c'est une pathologie. Même chose quand O'Connor lui révèle je ne sais plus quoi sur son passé et qu'elle a aussitôt les yeux larmoyants, alors que le film n'a vraiment rien fait pour mériter notre adhésion émotionnelle.


■ La bande son de John Williams me casse les couilles. Et je sais que c'est un avis impopulaire, mais John Williams me les brise depuis 50 ans avec ses gros cuivres et ses arrangements pompiers. Le mec fait du Superman dans tous ses films et la moitié du temps, c'est beaucoup trop épique pour ce qu'on voit à l'écran.


■ Des scènes d'action gratuites pour s'assurer que vous n'êtes pas endormi. Je pense à la scène du train qui transforme brutalement le film en un Fast & Furious. Un bon indicateur de l'utilité de cette scène est qu'on pourrait simplement la retirer du film et personne n'y verrait que du feu. Spielberg n'en est pas à son coup d'essai et faisait déjà ça dans Jurassic Park avec la bagnole qui tombe de l'arbre ou la clôture électrifiée : des scènes d'adrénaline qui ne contribuent ni à l'intrigue ni au développement des personnages.


■ Des références religieuses dans tous les sens, parce qu'il faut rassurer la ménagère américaine. Tout va bien, Karen, ce n'est parce qu'on montre des aliens qu'on remet en question ton livre de contes.


■ Des animaux en images de synthèse absolument dégueulasses, et il y en a beaucoup. Je me souviens d'une époque où des films beaucoup moins chers louaient des animaux et des dresseurs pour ce genre de scènes, et ça fonctionnait infiniment mieux que la bouillie de 3D infâme qu'on ose nous servir. C'est loin d'être un cas isolé (le biopic de Michael faisait la même chose il y a un mois), mais ça m'agace toujours autant.

Et avant que quelqu'un le mentionne : je sais que c'est pseudo-justifié par le script, mais si tu veux vraiment que tes animaux aient l'air un peu bizarres et pas naturels, on a encore des gens dans le milieu qui savent faire des animatronics.


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Disclosure Day est un film familial tout public un peu bas du front, avec des éléments de comédie parfois drôles (l'arrivée au studio de télé), mais souvent lourdingue (l'hôpital). J'apprécie sa sincérité et la solennité absolue de son final, mais beaucoup de ses révélations sont soit des pétards mouillés (l'explication de la 'maison' et le flashback qui en fait des tonnes pour pas grand-chose), soit des trucs qu'on a vu venir à des kilomètres.


J'ai personnellement beaucoup aimé que le film fasse écho à tout un folklore de théories du complot dans la veine de la zone 51, X-Files, XCom, et j'en passe, et je pense être de la bonne génération pour être la cible de ce genre de film. Mais c'est une oeuvre qui me semble bizarrement coincé dans le passé, comme si Spielberg n'était pas allé au cinéma depuis le début des années 2000. Sauf qu'entre temps, on a vu des premiers contacts beaucoup plus réussis, comme celui de Villeneuve.

Et surtout, je ne peux pas m'enlever de la tête que j'ai regardé l'intro longuette d'un film bien plus intéressant qui ne verra jamais le jour.

Ezhaac
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le 20 juin 2026

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