Je reconnais ne pas avoir spécialement attendu ce film, sachant qu’à mes yeux Spielberg n’a rien produit de bien folichon depuis 20 ans, à savoir l’excellent La Guerre des Mondes, mais ce retour à la SF laissait présager tout de même certains espoirs, surtout à l’heure des divulgations OVNI par l’administration américaine. Et Disclosure Day s'avoue paradoxalement en retard de ce qu’il prétend raconter, utilisant une toile (très) au fond de troisième guerre mondiale pour peindre une histoire conventionnelle par dessus, si bien qu’on se demande où tout cela veut en venir.
Je veux dire, le récit est tellement fonctionnel, boursoufflé et balourd, pour ne pas dire niais, que je me dis que l’intérêt ne peut pas être là, qu’il y a un sens caché qui m’échappe un peu, on retrouve certes quelques marottes du réalisateur portées par les personnages mais sans que ça ne fasse corps afin de donner une émotion particulière, qui nous donnerait envie de le suivre les yeux fermés. Et c’est troublant car on sent qu’il y a un attachement avec le cinéma du Spielberg d’antan, notamment Rencontres du Troisième Type, Minority Report et E.T., seulement qu’il a peut-être déjà tout dit et qu’il repasse du vieux linge froissé par le temps, et surtout que nous ne sommes plus dupes.
Fort heureusement tonton reste un metteur en scène de premier rang, pour faire passer une partie de la narration par l’image, épaulé par la bande originale de John Williams, ce qui procure quelques moments forts en cinéma, mais qui je trouve se confrontent à un ton alternatif, à la fois préoccupé par la vérité et contraint par l’action, ça donne la scène du train, plutôt bien exécutée mais ubuesque. Même le rythme ne se montre pas spécialement à la hauteur, avec des séquences explicatives bien trop denses, quand de rares autres glissent toutes seules, dans le même style de film de poursuite je prendrais l’exemple de Minority Report, qui est complexe dans le fond mais fluide de tout instant, et Disclosure Day me semble se donner une allure complexe alors qu’il est relativement simplet, encore une fois c’est bricolé et contre-intuitif.
Même le regard sur les extraterrestres se révèle assez attendu, les personnages de Margaret et Daniel comme deux récepteurs en sommeil peut être intrigant sur le papier tant on nous préserve de la clé, mais décevant par l’issue de tout ce développement, disons que le dernier plan voulant nous laisser en suspens sur les velléités aliens ne m’empêchera pas de dormir. Cependant il y a une véritable idée concernant la fameuse scène de divulgation au grand public, partant d’une image de point lumineux au dessus de l’océan qu’on a pu voir sur le net, virant dans le démonstratif outrancier, comme pour désamorcer une interprétation biaisée vers le fantasme pur et combler l’imaginaire, afin sans doute de cesser de perdre notre temps à croire en vain et, enfin, regarder ailleurs.