C'est le premier film de Spielberg que je découvre depuis que j'ai complété sa filmographie l'an dernier, et c'est un immense plaisir de constater qu'à bientôt 80 ans, il n'a rien perdu de sa superbe, et je dirais même d'un point de vue personnel que cette décennie n'a rien à envier au reste de sa carrière, surtout après le léger coup de mou qu'il a connu dans les années 2010.
Si son film précédent, The Fabelmans, était la clé pour comprendre son oeuvre, Disclosure Day est quant à lui un film somme, le Spielberg rêveur des années 70/80, l'artiste accompli des années 90, son tournant pessimiste des années 2000, et son obsession pour l'histoire américaine des années 2010. Si la comparaison avec Close Encounters of the Third Kind était omniprésente depuis l'annonce du film, pour moi ce nouveau film est plutôt dans la suite logique de sa "trilogie" de SF des années 2000, particulièrement visuellement où la photo de Kaminski rappelle énormément son travail des années 2000.
Ici il n'est pas question de premier contact, mais de révéler au monde une vérité qui lui est cachée. Spielberg nous plonge directement en plein milieu de l'action, l'intrigue est déjà en marche quand le film débute, et on va assister à un jeu du chat et de la souris entre un lanceur d'alerte et une agence secrète du gouvernement. En ce sens, c'est plus avec Minority Report et The Post qu'il mérite d'être comparé pour la majorité du récit.
Spielberg fait toujours des miracles derrière la caméra, mais il faut avouer que le scénario a parfois de grosses ficelles qu'il est difficile d'ignorer. Le truc, c'est que Spielberg sait masquer ça au maximum, il maîtrise la mise en scène comme personne, et il sait nous émouvoir, et là-dessus, le final du film c'est absolument grandiose, j'avais les larmes aux yeux. Et autre bonne nouvelle, John Williams a décidé de mourir sur scène, et de ne pas nous quitter sur sa composition du dernier Indiana Jones qui était l'un des rares ratés de sa carrière. Disclosure Day n'est pas sa plus grande composition, mais elle fonctionne parfaitement dans le cadre du film, notamment sur le final.
C'est un film presque anachronique pour Spielberg, qui essaie d'insuffler un élan d'espoir qui était autrefois sa marque de fabrique dans un monde de plus en plus morose et pessimiste. Il montre en tous cas qu'il a encore beaucoup de choses à nous offrir, et j'espère pouvoir profiter de lui autant de temps que possible pendant qu'il est encore en capacité de le faire.