Disclosure Day, n'est pas un simple film d'aliens qui envahissent la Terre, ni un pur thriller. Et comme toujours, chez Steven Spielberg, il faut s'attendre à plusieurs niveaux de lecture. J'y verrais plutôt un mélange de SF, de thriller politique et de drame humain autour d'une idée centrale : et si la preuve de l'existence d'une vie extraterrestre devenait impossible à cacher ?
On suit notamment un informaticien (incarné par Josh O'Connor) qui a volé plus de quatre-vingts ans d'archives classifiées prouvant des contacts entre les extraterrestres et les autorités américaines. En parallèle, on suit une météorologue (Emily Blunt) qui, sans le vouloir, commence à développer des capacités inexpliquées et une forme de connexion étrange avec ces événements. Et le monde finit par découvrir progressivement qu'on lui a dissimulé la vérité pendant des années.
Il serait cependant trop simple de résumer ce film à une "conspiration classique" puisque le vrai sujet est ici la réaction de l'humanité face à une vérité trop grande, la question de la peur collective versus la curiosité et surtout... la question de l'écoute (le film se termine d'ailleurs sur l'idée de "écouter").
Tout au long du métrage, le mystère reste partiellement ouvert et se révèle progressivement pour un final plus philosophique que spectaculaire.
Avec Disclosure Day, Steven Spielberg referme une boucle qu'il a ouvert il y a cinquante ans avec Rencontres du Troisième Type, mais, entre temps, le monde a changé. En 1977, la question était "sommes nous seuls dans l'univers?" ; en 2026, elle serait plutôt : que se passerait-il si la vérité n'appartenait plus subitement à ceux qui en sont les gardiens plus ou moins autoproclamés?". Si dans Rencontres du Troisième Type, on était encore dans l'émerveillement, ici on est à l'heure des bilans.
Spielberg a toujours aimé jouer avec l'imaginaire collectif sur ce sujet : bases secrètes, OVNIs, dossiers cachés... mais souvent, comme les mythes modernes, il les utilise pour parler de confiance, de peur, de transmission et de quête de vérité.
En résumé, le style Spielberg est ici très reconnaissable ; on y trouve le sens pour l'émerveillement, le mystère et le sens du spectacle qui ont toujours fait le succès de ses oeuvres.
La mise en scène, comme d'habitude, est maîtrisée et soignée. Les séquences de tension, comme celle du train, sont hyper bien dosées et montrent qu'il n'a rien perdu de son savoir-faire.
Il nous offre de plus une dimension politique intéressante en interrogeant le rapport vérité/pouvoir et information à l'ère contemporaine.
Et le film résonne avec toute sa filmographie sur ce sujet : beaucoup y verront un écho à Rencontres du Troisième Type, E.T et même, par moments, à la Guerre des Mondes, comme si Spielberg revenait une dernière fois à son grand thème favori et fétiche.
Attention, toutefois, sa durée (près de trois heures) peut en dérouter certains. D'autant que le rythme est parfois inégal, avec des passages plus contemplatifs, voire explicatifs. Et ceux qui attendent de la SF spectaculaire - ou une révélation définitive - risquent de se sentir frustrés, en effet le film privilégie surtout les questions aux réponses.
Le film nous demande de réfléchir à savoir ce qu'il se passerait si une vérité apte à changer notre vision du monde nous était enfin révélée ?
Et c'est là que, selon moi, Steven Spielberg reste fidèle à lui-même et fait la démonstration de tout son génie : en se servant de l'alien, du "phénomène" en tant que tel, il arrive à parler avant tout de l'être humain, de ses peurs, de ses espoirs et de son intarissable besoin de comprendre.
Pour le moment je lui mets 7/10 mais ce film, riche en idées et en images marquantes, gagnera probablement à être revu et discuté dans les années à venir.