Et bien le film est tout entier résumé dans sa bande annonce.
Une histoire vue et revue, des gentils, des méchants, quelques scènes d'actions, des tunnels de dialogues sans intérêt, une figure messianique qui sort de nulle part et l'humanité (enfin, ceux qui ont la télé et un smartphone) abasourdis par "LA" révélation...
Chaque séquence m'a affligée. Koepp et Spielberg enchaînent les poncifs, rien n'a finalement de sens dans toute cette histoire.
Chaque apparition des hommes de main est ridicule. On dirait des Stormtroopers, ils en ont l'absence totale d'efficacité. Chacun sait que pour une bonne intervention efficace il convient d'arriver avec sirènes et gyrophares et de se masser devant la porte d'entrée sans bloquer les autres issues du bâtiment, bien sûr. Et pour couper le courant électrique d'un bâtiment, bien sûr qu'on va plastiquer le centre de distribution d'électricité du quartier, on a toujours des mini bombes sur soi ! Et ce ne sont que deux des multiples scènes similaires (et qui ne servent à rien...).
Le grand méchant (dans lequel j'ai trouvé Colin Firth très convaincant) est lui aussi totalement caricatural dans sa conclusion, alors même qu'il était plutôt cohérent jusque-là.
Le gentil Josh O'Connor est... gentil. Hormis porter le MacGuffin de l'histoire il n'a aucune épaisseur. Et, décrit comme un tech de bureau, il se révèle quand même très à l'aise dans l'action (on dirait Jonathan Bailey/Dr. Henry Loomis de Jurassic World Renaissance).
Emily Blunt porte le film sur ses épaules, mais elle ne peut pas le sauver non plus. Dès l'introduction son personnage est saboté par la séquence (obligatoire ?) où le personnage principal prépare son petit déjeuner mais se rend compte qu'il/elle est en retard et se contente de croquer dans une tartine et d'avaler un café avant de sauter dans sa voiture et de faire vroum-vroum dans les rues.... Mais arrêtez ça !
Tout l'arc narratif autour de Josh O'Connor et Emily Blunt (l'abduction, le duo élu, l'Elue) est insupportable !
Comme les séquences où nos héros sont à la merci des méchants mais s'en sortent par la magie du scénarium...
La séquence finale (le fameux "Disclosure Day", spoiler)
où Josh diffuse la réalité au monde par le biais de vidéos qui pourraient sortir de n'importe quel studio d'effets spéciaux - et d'ailleurs c'est bien le cas, non ? - est confondante. Comment Koep et Spielberg peuvent-il encore croire qu'une telle séquence est crédible en 2025, à l'heure de l'attention éclatée, des fake news généralisées et des bulles individuelles de réalité dans les réseaux sociaux ? C'était tellement risible que je m'attendais à y voir un extrait de "Rencontres du troisième type"...
Bref, une grosse boursouflure, alors-même qu'avec un budget dix fois moindre on pouvait réaliser un film paranoïaque et crédible, façon années 70, juste avec une histoire bien écrite.
Et pour ceux/celles que ça intéresse, non, la musique de John Williams ne sauve rien. Elle est à la hauteur du film. Sans intérêt.
Un petit mot sur la réalisation proprement dite : bien sûr que Spielberg sait tenir une caméra, tout est propre et lisible, y compris les scènes d'action (et là ça fait du bien par rapport aux séquence illisibles car surcutées ou cette mode de la caméra tremblée qui dure depuis bien trop longtemps) mais j'ai été lassé de plusieurs scène où je n'ai ressenti que de la performance technique. Et puis la "patte" Spielberg avec les flares et éclats lumineux... ce n'est plus une signature c'est une obsession !