Il est des réalisateurs dont les films se font rares. Attendus durant des années, parfois très nombreuses, leurs nouveaux projets voient chaque information faire l’effet d’une bombe dans la sphère cinéphile, jusqu’à une sortie vécue comme un événement majeur. Steven Spielberg ne fait pas partie de cette catégorie me concernant. Pourtant il n’est pas peu dire que le boug a quand même pondu des pelletées de chefs-d’œuvre au cours des décennies. Et pourtant c’est toujours au dernier moment que j’apprends la sortie d’un de ses films. Disclosure Day est donc un film de Spielberg, trois ans après ce qui aurait pu être un film testamentaire, The Fabelmans, film autobiographique que j’avais beaucoup apprécié. Mais non, tonton Steven a décidé de faire un nouveau film sur un thème de prédilection pour lui, à savoir les extraterrestres, et plus précisément leur rencontre avec l’humanité.


Nous avions donc de quoi espérer, surtout au vu du postulat, semblant mêler suspense et science-fiction. Soyons directs, je n’ai pas, mais alors pas du tout apprécié ce film. Malheureusement on est peut-être sur le film de trop pour Spielberg et ça me désole de le constater. L’intrigue est très incohérente et invraisemblable tout en étant rigoureusement incompréhensible. Même si cela semble dur à croire, je pense qu’il y a eu un gros charcutage du film au montage, car beaucoup d’informations, a priori essentielles à la compréhension globale manquent. Il est question d’un MacGuffin aux pouvoirs très importants et très peu définis que des méchants d’une agence gouvernementale quelconque cherchent à récupérer auprès d’un lanceur d’alerte, celui-ci décidant de révéler l’existence d’aliens maltraités sur Terre et qui va entrer en contact avec une journaliste pour l’aider dans sa tâche. L’énorme problème est que tout semble arriver parce que le scénario l’a voulu. La journaliste a des formes de visions omniscientes lui permettant de plus ou moins tout voir, tout faire et tout comprendre parce que « ta gueule, c’est magique ». Ainsi les héros se sauvent de situations désespérées continuellement sans grande vraisemblance. La séquence finale est également très mauvaise, elle qui semble être une caricature de celle de Rencontres du troisième type, mais sans aucune émotion véhiculée et donc infiniment trop longue, alors qu'à cet instant, me concernant, ça faisait facilement une heure que j'attendais que ça se termine.


Tout cela est donc très dommageable, car ça rend le film pénible à suivre, tout cela accentué par le fait que les informations ne sont pas données, ce qui ne semble pas voulu mais induit par un mauvais montage. Ainsi, par exemple, si on nous informe qu’une crise internationale est en cours durant le film, on ne nous informe qu’à la toute fin que c’est une quasi « troisième guerre mondiale » rendant une séquence de panique en milieu de film peu compréhensible, nous laissant penser qu’une partie des informations sur les extraterrestres est connue du grand public. Est-ce un problème de montage ou de scénario ? Probablement les deux, et le résultat est désastreux. 


Au-delà de ça, le film est victime selon moi d’un phénomène terrifiant pour le cinéma américain grand public que j’observe depuis quelque temps, et dont le dernier Shyamalan fut un triste exemple, à savoir l’uniformisation qui touche les dialogues, la photographie, le montage et les situations présentées en général. On pourrait presque oublier que Spielberg est réalisateur tant tout semble banal et fade. Il est probable que la montée en popularité des productions Netflix préfabriquées y soit pour beaucoup dans cette homogénéité des productions états-uniennes contemporaines et le fait que cela touche des réalisateurs aussi importants que Spielberg est très inquiétant pour la suite. Seul grain de folie dans la mise en scène les reflets bleutés façon J. J. Abrams, rien d’autres. Les effets spéciaux sont désastreux, entre l’IA et le manque de temps, malheureusement, là aussi, un peu des deux sans doute. 


Pour faire simple c’est un désastre, un accident industriel même. J’espère sincèrement qu’il s’agit d’un accident de parcours et non d’un signe d'essoufflement créatif voire de sénilité et que Spielberg saura nous offrir un prochain film plus convaincant pour se faire pardonner, dans le cas contraire, ce serait une fin de carrière des plus désolantes pour un si grand réalisateur.

Cingeek
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le 18 juin 2026

Critique lue 14 fois

Liam Bogaert

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