Pour Disclosure Day, Spielberg renoue avec son thème fétiche : la présence d'extra-terrestres sur Terre, avec un traitement qui se place entre Signes, Rencontres du Troisième Type et la série Disparitions. On se laisse facilement emporté par l'habileté du réalisateur à manier le mystère et susciter l'émerveillement. On reconnaît évidemment sa patte, bien que sa mise en scène apparaisse désuète par moment, voire complètement kitsch à d'autres. La direction d'acteurs est bonne, quoique Colin Firth adopte un jeu d'antagoniste téléphoné. Le long-métrage sent pas mal le cinéma SF des années 80, tant dans le rythme, que les gimmicks visuels, ou mêmes les personnages. Le déroulé révèle beaucoup de facilités et éléments survolés ou mis de côté pendant une bonne partie du film.
Disclosure Day présente plusieurs idées gravitant autour de concepts de la SF "alien", intéressantes pour la plupart mais agencées de façon superficielle ; elles sont présentes symboliquement pour le genre du récit, mais trop peu approfondies pour donner corps à l'intrigue. C'est pourquoi, finalement, la pellicule peut se résumer à une poursuite de 2h pour empêcher la divulgation de secrets gouvernementaux, agrémentée de quelques scènes plus fantastiques. Néanmoins, les implications thématiques du récit sont maigrement exploitées puisque le spectateur semble être traité comme la population lambda du film, alors qu'on en connaît clairement les aboutissements.
Le scénario aurait certainement mieux fonctionné avec une révélation des images "top secret" sur les extra-terrestres (visibles dans les bandes-annonces) dès le début, pour bien souligner la dramaturgie entourant les protagonistes pris en chasse, tout en libérant plus généreusement les mécaniques SF autrement simplistes. Une écriture plus aventureuse de Koepp se serait bien plus concentrée sur les conséquences, "l'après-révélations", et aurait eu plus de chance d'y laisser une marque dramatique, plutôt que de rejouer une œuvre en terrains connus. Car, même si le dernier acte possède une mise en scène d'exception, il ne fait que flatter les complotistes et rêveurs, sans proposer d'idée nouvelle. Spielberg s'avoue alors timide dans une éventuelle prise de position artistique, préférant la facilité d'une narration sérielle, avec son cliffhanger en guise de finale ; l'équipe du film parlera d'ouverture et d'interprétation libre.