2
le 12 juin 2026
SuivreRencontres du Pire Type !
Je vais débuter cette critique par une question un peu provocante : si cette purge n'avait pas été réalisée par Steven Spielberg, mais à la place par n'importe quel réalisateur de dixième zone,...
Rien qu’en voyant l’annonce d’un nouveau Spielberg, je crois que, comme beaucoup, j’ai ressenti immédiatement l'excitation de ce cinéma qui m'est si familier. C’est un peu mon doudou cinématographique. Jeune, mais déjà profondément marquée par ses œuvres, je lui dois en grande partie cette graine d’amour du cinéma qui a germé en moi dès l’enfance. Il a su traverser les générations, même si les nouvelles semblent de moins en moins réceptives à sa magie. Alors, quand ce film a été annoncé, cela est très vite devenu l'une de mes plus grosses attentes de l'année (et il ne m'a pas déçu, tonton est en forme).
J’ai malheureusement assisté à une séance en VF, ce qui a gâché une partie de mon immersion – la VO sous-titrée me manque toujours. Et puis, il y a eu ce début de film qui m’a laissée sur le carreau. Tout allait trop vite : les dialogues, les relations entre les personnages… Je m’en fichais. J’ai même craint le pire, surtout que le film se présentait comme un thriller d’espionnage, un genre qui a du mal à susciter mon attention. J’ai eu peur que Spielberg me déçoive.
Et puis, progressivement, quelque chose a basculé. Toujours dans le registre de l’espionnage, le film a su me surprendre. D’abord par ses scènes d’action, maîtrisées comme à son habitude. Mais surtout par sa réalisation, tout simplement sublimement Spielberg (là j'avais mon doudou Spielberg fort en main).
La lumière parfois cramée, presque agressive, elle sert une proposition esthétique audacieuse et renforce le propos du film. Dans une scène en particulier, la lumière traverse un volet, dansant sans motif précis sur le visage d’un personnage, alternant les ombres et les éclats pendant qu’elle parle. C’est beau, c’est intelligent, et ça donne une dimension presque poétique à une intrigue qui, sans ça, aurait continué de m'ennuyer à ce moment du film.
Tonton, je sais que tu maîtrises l'art de déplacer ta caméra. Elle révèle des détails par son mouvement, comme si elle respirait avec les personnages. Chaque plan semble pensé pour nous faire ressentir quelque chose, bien au-delà du simple spectacle. Il a sa manière à lui de gérer une caméra, et encore une fois, il a su "tout" donner de son art sur la réalisation.
Au fur et à mesure, l’intrigue a commencé à me parler. On basculait vers un genre que j’attendais, et où je l’attendais : la science-fiction. Toujours ces idées technologiques au service du propos – la manipulation, les médias, la vérité de l’information, l'identité, c'est les sujets et thèmes du film. Une agence gouvernementale traque l’un de nos héros, un hacker man ayant des dossiers révélant l'existence d'extraterrestres.. Leur objectif ? Cacher la vérité sur les extraterrestres. L'objectif de nos héros ? La révéler. Pour cela, on suit en parallèle le chemin d’une journaliste météo qui découvre des pouvoirs étranges : celui de se mettre à la place de n’importe qui, littéralement. Évidemment, leurs destins sont amenés à se rencontrer.
La traque de cette organisation, à travers des voitures noires (un cliché, en apparence), m’a pourtant semblé si efficace dans sa réalisation. Comme si Spielberg avait réussi à transformer le banal en une menace palpable. Et puis, il y a cette technologie d’espionnage : des hologrammes d’agents qui apparaissent pour forcer leurs cibles à trahir, sous emprise. Une troisième guerre mondiale se profile en toile de fond, avec des échos religieux, presque apocalyptiques. Pourtant, le film ne cherche pas à montrer l’apocalypse ou la guerre de front. Tout semble normal, rien n’indique que la société va mal. Ce n’est pas directement son propos, mais c’est suggéré. Parce que ce monde décrit dans le film, c’est le nôtre, en tout point. Pourtant, c'est le jour de l'apocalypse.
Tout cela s’inscrit dans le registre de l’espionnage, mais aussi dans une science-fiction qui, progressivement, bascule vers du hard fantastique. Sans spoiler, le film ose mélanger les genres avec une audace qui m’a scotchée. Et plus il avance, plus la réalisation devient efficace, presque hypnotique. J’étais émerveillée.
Dommage, cependant : les acteurs n’ont aucune scène marquante. Est-ce dû à la VF ? Peut-être. Mais même en tenant compte de ça, la direction d’acteurs m’a semblé en dessous de ce qu’on attend de Spielberg. On sait qu’il peut faire bien mieux (on pense à Schindler’s List, Il faut sauver le soldat Ryan…). Là, on est clairement sur un de ses films où l’accent n’est pas du tout mis sur le jeu.
Et puis, il y a la musique. Absente au début, presque discrète… jusqu’à la fin, où elle m’a prise aux tripes. C’était puissant, émouvant, du pur John Williams. Un vrai régal, même si son arrivée tardive donne une impression de déséquilibre. La musique a surement éte mal exploitée, et pourtant elle est belle, dommage.
Encore une fois, je ne suis pas déçue. Je ne comprends d’ailleurs pas certaines critiques trop dures. J’ai souri, j’ai été transportée, et je me dis que je vais me replonger dans ses films ces prochains jours. Parce que oui, Spielberg, c’est un peu comme un doudou : même quand il n’est pas parfait, il sait te faire du bien. Merci Tonton! <3
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.
Créée
le 21 juin 2026
Critique lue 10 fois
2
le 12 juin 2026
SuivreJe vais débuter cette critique par une question un peu provocante : si cette purge n'avait pas été réalisée par Steven Spielberg, mais à la place par n'importe quel réalisateur de dixième zone,...
7
le 9 juin 2026
SuivreLe nouveau Spielberg Disclosure Day était sans doute ma plus grande impatience cinématographique de l'année. Plus que L'Odyssée de Nolan, davantage que Digger le prochain Iñárritu, et au moins autant...
7
le 12 juin 2026
SuivreLes temps sont durs pour Hollywood : alors que les franchises s’enlisent, les propositions de blockbusters originaux se plantent et que ne surnagent que des biopics sans âme, même un patron de l’âge...
5
le 11 août 2026
SuivreJ’étais en train de jouer à des jeux de chiffres et de lettres, et pour avoir une présence auditive, je me suis lancé un petit documentaire Arte.Le documentaire a principalement pour sujet les...
7
le 8 mai 2026
Suivrele 8 mai 2026
Et bien, voici un bon "biopic musical". Dans celui-ci, supervisé par Elton John lui-même, on a une formule qui m'a agréablement surpris. C'est une comédie musicale, et une excellente comédie musicale...
2
le 25 avr. 2026
SuivreJe tiens à préciser que je suis un grand fan du chanteur depuis mon enfance. J'ai forgé beaucoup d'images et d'imaginations autour de ses clips et de son univers, au point où j'ai regardé plusieurs...