On nous vend un événement. Un « Disclosure Day ». Le jour où l'humanité apprend enfin la vérité sur les extraterrestres. Sauf que le film… s'arrête pile à ce jour-là. Pas de lendemain, pas de basculement. Juste un titre racoleur qui sonne comme une arnaque marketing. Bravo.
Le début est raté. On nous ouvre sur un échange de rançon qu'on a vu mille fois, dans mille films, mille séries. Aucune surprise, aucune accroche. On s'ennuie dès les premières minutes et ça ne donne absolument pas envie de voir la suite. On cherche un enjeu, un personnage auquel s'accrocher. Il y en a beaucoup, de personnages, et la moitié ne sert strictement à rien. Des scènes entières qu'on pourrait couper sans que rien ne change. Le film dépasse inutilement les deux heures pour, au final, ne rien raconter. Ça fait mal.
Le scénario est truffé d'incohérences et de problèmes. On passe son temps à osciller entre deux extrêmes : des trucs surexpliqués, rabâchés, où le film te prend par la main comme si tu avais cinq ans… et des éléments majeurs qui ne sont jamais vraiment expliqués, balancés comme ça, débrouille-toi. Et puis il y a cette fameuse pierre qui permet de se téléporter virtuellement à proximité de quelqu'un et lui mettre un coup de pression. Le mécanisme ? Tu regardes une photo de la personne et hop, tu te téléportes. Voilà. Aucune explication, aucune règle, aucune logique. C'est complètement foireux et le film ne s'en excuse même pas. C'est incohérent, mal agencé, et ça donne l'impression d'un script rafistolé en salle de montage.
Et puis on nous ressert la conspiration de Roswell. Les petits hommes verts. Sérieusement ? En 2026 ? Qui croit encore à cette imagerie poussiéreuse ? Il aurait fallu oser autre chose, proposer un angle neuf. À la place, Spielberg se prend terriblement au sérieux pour nous raconter quelque chose qu'on a vu cent fois. Les courses-poursuites en gros 4x4 noirs qui se collent au pare-chocs (lol), c'est du Mission : Impossible du pauvre, pas du cinéma de science-fiction.
Le manichéisme est total. Les gentils sont angéliques, le méchant est caricatural à souhait. Aucune nuance, aucune ambiguïté. Et la fin, censée être le clou du spectacle, est aussi décevante que le reste du film — exploit remarquable.
La bande sonore est insipide. Pas un thème mémorable, pas une note qui reste. Pour du Spielberg, c'est un comble.
Je ne peux m'empêcher de penser à Moonfall : dans le registre conspiration assumée, gros sabots et plaisir coupable, Emmerich faisait mille fois mieux. Au moins, lui ne se prenait pas au sérieux, assumait son absurdité et avait l'honnêteté de nous faire rire. Ici, pas une once d'autodérision.
Si ce film affiche un 5,7 à l'heure où j'écris, c'est uniquement parce qu'il y a écrit « Spielberg » sur l'affiche. Un film aussi long pour ne rien dire, aussi générique dans sa mise en scène, méritait bien moins. Le nom ne fait plus le talent. Le grand Steven est vieux, fatigué, et ça se voit à chaque plan.
3/10. Et encore, pour l'effort de production.