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le 12 juin 2026
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Dans cet enfer paranoïaque et schizophrène d'un monde à l'aube d'une troisième guerre mondiale, Spielberg parvient à recentrer l'essentiel de son cinéma dans un discours méta, où se dessine l'importance de l'enfance, de ces premières expériences, qui font de ce regard, une source d'inspiration pour l'art, mais aussi l'unicité pour rassembler, communier avec le monde entier.
C'est dans cet amalgame entre divin et humain, IA et alien, réalisateur et créateur, que se trouve cette fine frontière entre l'émotion et la perception, l'innocence et la connaissance, cette dualité de l'information comme message, héritage de la mémoire, de l'histoire, et que dans nos mythes et légendes se trouvent en réalité des souvenirs codés d'une connexion, d'une compréhension cosmique qui attend d'être réactivée, celle d'un langage universel, et spirituel, que certains veulent dissimuler, d'autres diffuser, à la fois secret et progrès. La vérité n'était pas ailleurs, mais simplement intérieure.
Ainsi, ce film ne vient pas conclure, mais devenir le murmure pour construire le futur. Ce n'est pas la fin, mais le début d'une nouvelle ère, d'un nouvel âge de conscience, d'un troisième testament. C'est le sentiment d'un auteur qui ne revient pas à ses débuts, mais confirme, au contraire, que ses thématiques de l'éveil et des merveilles ne l'ont jamais quitté depuis tout ce temps, qu'il a su conserver tout au long de sa vie cette capacité à rêver sans oublier, ou s'altérer en grandissant, en vieillissant, et que le moment était venu de le synthétiser, pour le partager, le léguer, non pas à une poignée d'individus, mais cette fois-ci à toute l'humanité.
D'un autre coté, il y a un peu trop de clichés et de facilité, avec nombre de situations et de décisions qui manquent de crédibilité, tout comme ce qui est dévoilé, qui aurait pu être fait plus facilement, plus rapidement, n'a pas l'ampleur escomptée, tant l'on a déjà l'impression de savoir, et d'avoir vu à mainte reprise les mêmes évidences, et on ne ressent pas non plus l'urgence de ce qui pourrait être bouleversé, tant le monde n'a jamais cessé d'être insensé.
Au-delà des classiques, le film est très similaire à Ready Player One, où l'on retrouve cet univers rempli de références culturelles et populaires, et la quête d'un créateur qui lui-même cherche à délivrer un message dans une chambre, avec là aussi une double lecture sur l'image et l'information, ainsi que sur Hollywood et la censure, avec les studios qui veulent étouffer l'imaginaire et la créativité artistique, avec une liberté contrôlée. Cet affrontement entre les rêveurs optimistes et les pragmatiques pessimistes, guidé par deux anciens amis, se retrouve ici, avec ce faux méchant qui joue presque à l'identique de son rôle dans le retour de Mary Poppins.
C'est aussi un film témoin, qui permet à Spielberg d'affirmer sa croyance aux aliens, mais surtout de dire qu'il croit, tous ceux qui y croient, en les préparant, en les rassurant sur leur foi, à travers la religieuse, figure féminine qui mène son propre combat. Tout comme avec l'artefact, outil de contrôle dans une scène de domination et d'emprise masculine, permettant de placer la révélation dans un contexte moderne où il faut apprendre à écouter et suivre la voix, la voie de la femme. Thème qui peut s'appliquer aussi sur tous les sujets et dossiers sensibles de l'actualité.
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