Avec 6 courts-métrages et deux documentaires à son actif, Giacomo Abbruzzese a eu le loisir de fourbir ses armes pour un premier long-métrage, Disco Boy, difficilement classable, y compris pour sa nationalité : à la fois Français, Belge, Italien et Polonais, tout en débutant en Biélorussie, se poursuivant dans le delta du Niger puis dans une boîte de nuit, devant un verre de Bordeaux (pas de spoilers importants dans ces indications). Le film, mine de rien, suggère une sorte d’État du monde et de ses côtés peu reluisants : les guerres, le colonialisme économiques, le sort des migrants, etc, dans une manière onirique et puissante, ouverte à l'interprétation et à la fascination (éventuellement pas) de chacun. Visuellement somptueux, porté par une musique hypnotique de Vitalic, et le charisme étrange et insensé de Franz Rogowski, Disco Boy conduit à une douce transe où l'expression des corps, soit en d'autres termes, la danse, semble être le seul point de convergence et de compréhension d'individus qui ne partagent ni leur origine, ni leur langage, ni peut-être une même vision de la vie. Mais qu'importe, le film, sous des dehors a priori hermétiques sait se montrer généreux à ceux qui préfèrent les ellipses au manichéisme et aux explications assénées avec la force des démonstrations. Disco Boy préfère les routes escarpées, avec points de vue, aux autoroutes à péage.

Cinephile-doux
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Au fil(m) de 2023 et Les meilleurs films de 2023

Créée

le 27 mars 2023

Critique lue 1.8K fois

Cinephile-doux

Écrit par

Critique lue 1.8K fois

15
1

D'autres avis sur Disco Boy

Disco Boy

Disco Boy

7

Guimzee

275 critiques

Fantômes

Pour un premier film, le réalisateur Giacomo Abbuzzese a su déjà trouver une identité visuelle très marquante. Pas seulement pour l'usage qu'il fait des couleurs et des musiques, propres aux mises en...

le 5 mai 2023

Disco Boy

Disco Boy

8

Cinephile-doux

8117 critiques

Douce transe

Avec 6 courts-métrages et deux documentaires à son actif, Giacomo Abbruzzese a eu le loisir de fourbir ses armes pour un premier long-métrage, Disco Boy, difficilement classable, y compris pour sa...

le 27 mars 2023

Disco Boy

Disco Boy

7

lhomme-grenouille

2916 critiques

Légion d'étrangers

Qu’est-ce qu’un propos au cinéma ? Cette question, j’avoue aimer me la poser souvent, ou plus exactement j’aime souvent la poser. Parce qu’à lire à droite et à gauche, j’ai l’impression qu’on oublie...

le 20 mai 2023

Du même critique

Anatomie d'une chute

Anatomie d'une chute

6

Cinephile-doux

8117 critiques

Procès d'intentions

Depuis quelques années, le cinéma français, et plus particulièrement ses réalisatrices, trustent les lauriers dans les plus grands festivals. Au tour de Justine Triet d'être palmée à Cannes avec...

le 28 mai 2023

France

France

8

Cinephile-doux

8117 critiques

Triste et célèbre

Il est quand même drôle qu'un grand nombre des spectateurs de France ne retient du film que sa satire au vitriol (hum) des journalistes télé élevés au rang de stars et des errements des chaînes...

le 25 août 2021

The Power of the Dog

The Power of the Dog

8

Cinephile-doux

8117 critiques

Du genre masculin

Enfin un nouveau film de Jane Campion, 12 ans après Bright Star ! La puissance et la subtilité de la réalisatrice néo-zélandaise ne se sont manifestement pas affadies avec Le pouvoir du chien, un...

le 25 sept. 2021