Quand un québecois francophone décide de faire un film de genre se déroulant durant les années 70 et 80 et ayant comme thème sonore le disco, ça donne Discopathe, un slasher venant tout droit d'une époque pas comme les autres. C’est un peu comme un voyage dans le temps, on se retrouve dans une ambiance festive où le look général fleure bon les sorties en discothèque. Des chemises aux motifs colorés en tout genre aux pantalons en pattes d'eph', les bagnoles aux formes rectangulaires des seventies, les jeunes avec leurs volumineuses radios portables, il y a vrai effort de reconstitution de l'époque.
Pour la petite histoire, le jeune Duane fuit la moindre musique comme la peste. Et pour cause, celle-ci provoque des pulsions meurtrières contre lesquelles ils ne peut lutter. On apprendra l'origine du traumatisme, et on assistera aux meurtres brutaux qu’il exécutera. Les meurtres sont sanglants, avec un certain sens de la mise en scène (les deux dans les boites de nuits sont particulièrement réussis). On se posera plus la question de l'utilité de certains passages, comme celui suivant la tuerie des deux collégiennes où notre serial killer fait joujou avec des têtes humaines.
Le film est d’ailleurs plombé par pas mal de passages tirent en longueur, et le manque de cohérence du scénario vient ajouter aux problèmes plutôt nombreux du métrages. Le manque de crédibilité (et surtout de professionnalisme) des flics canadiens qui ne pensent même pas à fouiller le collège suite au carnage alors que le meurtrier est dans le bâtiment, le rythme un peu mou hormis le final haletant et sa course-poursuite qui fait sourire, le twist de fin tiré par les cheveux (on en revient aux flics pas crédibles...).
Le réalisateur fait le choix de tourner son métrage dans deux langues, l'anglais pour la première demi-heure aux States, et en français du Québec pour la suite, avec l'accent auquel je ne m'habituerais jamais et les expressions bien de là-bas. Un choix cohérent, même si j'imagine déjà les emmerdes liées à la distribution de la galette.
Dans l'ensemble, ça se laisse regarder. Cela ne vient pas révolutionner un sous-genre dont on a un peu déjà fait le tour depuis un moment, mais ça a le mérite d'avoir une vraie identité visuelle et sonore, avec son intro reprenant le classique Flight of the Bumblebee en version disco bien sur, et qui deviendra le thème principal du métrage. Personnellement, j'ai trouvé ça mi-figue mi-raisin, mais certains y trouveront leur compte.