Celui-ci, je l’avais vu à sa sortie ou presque et j’en avais gardé un souvenir mitigé, probablement parce qu’on était après Ace Ventura, The Mask et autres franches comédies à la gloire de Jim Carrey. Je ne savais alors pas que Ben Stiller avait son propre chemin quand il était derrière la caméra.
Steven s’est fait plaquer et se voit contraint d’emménager dans un nouvel appartement. Pour être bien, il se fait installer le câble par Chip, un technicien particulièrement collant. Ce dernier fera tout ce qu’il pourra pour devenir le nouveau meilleur ami de Steven.
Le film est un piège et c’est pour cette raison que j’avais moyennement accroché à l’époque. Ainsi, on tient moins une comédie légère qu’un thriller décalé. Si, à la fin, on se dit qu’en fait c’était pas si drôle, c’est bien parce que ce n’était pas tout à fait censé l’être. La construction du piège se fait par l’utilisation des codes de la comédie sur une bonne première moitié du film : un duo mal assorti, un hurluberlu excessif, des situations cocasses et improbables. On ne voit pas bien venir le moment où cet ami devient un danger, quand toutes les excentricités traduisent un trouble mental lourd. En conséquence, on voit la belle tarte aux fraises pourrir devant nos yeux et on ne sait plus à quel moment elle n’est plus mangeable. Ce moment, c’est la gêne qui nous empêche de rire et nous glace presque. Est-ce un problème ? Pas tant que ça finalement mais je crois qu’il vaut mieux le savoir avant car le film se vend comme une pure comédie. À la mise en scène, c’est fonctionnel, sans embûche. À l’interprétation, tout repose sur la performance outrancière de Jim Carrey. C’est à la fois le point fort du film et sa faiblesse majeure. Car oui, il est impressionnant, mais il est aussi tout à fait pénible.
Donc ? Donc je reste mitigé mais pas pour les mêmes raisons. La démarche est intéressante et plutôt courageuse dans sa volonté de saboter le récit mais le résultat est assez désagréable au final.
>>> La scène qu’on retiendra ? Le match de Basket. C’est par touches que le malaise s’installe. Et la première touche est là.