Trois hommes et une femme se donnent rendez-vous dans une petite gare de campagne pour se rendre ensuite en voiture à un lac perdu au milieu d'une dense forêt. Le temps est superbe, l'atmosphère faussement détendue. L'un après l'autre, ils se recueillent quelques instants au bord de ce lac avant de repartir. Leur voiture a toutefois disparu. La nuit tombant et l'orage commençant à gronder, ils décident de passer la nuit dans une maison abandonnée, en compagnie d'un autre homme dans la même situation.
Empli de mystère, Distance ne révélera que progressivement, par petites touches, le lourd secret entourant et liant ces personnes : un attentat perpétré par une secte ayant décidé d'empoisonner le réseau d'eau potable de la capitale. Sans être jamais nommée, il est ici question de la secte Aum Shinrikyo ou de la Vérité Suprême, qui a notamment commis un attentat au gaz sarin à Tokyo en 1995.
Hirokazu Kore-eda nous prend toutefois à contre-pieds puisque ces personnes ne sont pas des proches des victimes mais en réalité des proches des membres de la secte, qui se sont donnés la mort juste après l'attentat. L'invité surprise, interprété par le toujours mélancolique Tadanobu Asano, est même un ancien membre de la secte ayant fui la veille de cet acte de folie collective.
Distance met ainsi en scène l'incompréhension, la douleur et le désarroi de ces personnes, qui ne parviennent toujours pas à donner un sens au choix fait par leur frère, soeur, mari ou femme. Durant cette sombre soirée passée dans une maison qui fut le repère de la secte, Hirokazu Kore-eda va faire surgir le passé de chaque personnage et de leur confrontation avec leurs proches lorsqu'ils leur ont annoncé leur choix. Ces différentes scènes sont absolument bouleversantes de tendresse et de détresse.
La force de Distance est de ne jamais porter un jugement sur ses personnages et de laisser le spectateur contempler la folie des hommes et s'interroger lui même sur ce qui peut pousser une partie de la société à se plonger dans un suicide abyssal.