4
le 9 avr. 2023
SuivreMorceaux de famille
Le réalisateur Terence Davies convoque ses souvenirs dans un procédé intéressant avec Distant Voices : comme notre mémoire, le film égrène des moments de vie sans lien logique apparent, faisant des...
Légers spoilers.
« <i>Nous vénérons les lieux abhorrés</i> », confiait la voix-off de Terence Davies dans <i>Of Time and the City</i>, son documentaire sur Liverpool. Ce paradoxe, celui d’une abyssale nostalgie pour une période pourtant noire et malheureuse, mais qui restera aimée car elle fut terre d’enfance, explique sans doute la profonde singularité de ce film qui, dans sa première moitié centrée autour d’un père violent (“<i>Distant voices</i>”), ressemble à une séance d’hypnose. Davies fait s’entrechoquer les strates de souvenirs (dialogues, chansons, visions, moments) avec une virtuosité feutrée, comme une conscience hagarde qui errerait dans les ruines de la mémoire, parmi ces maisons ouvrières semblables que la lente caméra et ses travellings parcourent comme un train fantôme. Les images et moments prennent la forme de souvenirs imprimés en tête, dans d’étranges mises en scène où les personnages, gênés et figés face à la caméra comme sur une vieille photographie, semblent se demander ce qu’ils font là. Le film, malheureusement, a plus de mal à trouver une forme, et une raison profonde, à sa seconde partie plus apaisée (“<i>Still Lives</i>”) : quand il doit parler au présent (celui de la vie des personnages devenus adultes), Davies n’a en fait plus grand-chose à dire. Son royaume est celui du souvenir, et cette chronique directe plus lumineuse (à l’image de ces fondus au blanc un peu kitchs), malgré plusieurs beaux moments et quelques belles saillies d’humour, ne parvient pas vraiment à se trouver une destination (comme en témoigne d’ailleurs son titre : “still”), trompant son ennui sédentaire par un amas de chansons devenues omniprésentes et un peu pénibles. L’ensemble constitue donc un film semi-réussi, mais le cinéma de Davies, au style délicieux et faussement académique, séduit grandement – et ajoute un regard singulier de plus au coffre aux trésors d’un Royaume-Uni qui décidemment, dans ces années 80 et 90 (<i>Comrades, Orlando, Watership Down, Maurice</i>…), recelait bien des merveilles.
(<a target='_blank' rel='noopener noreferrer' href="https://www.underthedeepdeepsea.com/notes-sur-les-films-vus-31a-distant-voices-still-lives/">source</a>)
Créée
il y a 2 jours
Écrit par
4
le 9 avr. 2023
SuivreLe réalisateur Terence Davies convoque ses souvenirs dans un procédé intéressant avec Distant Voices : comme notre mémoire, le film égrène des moments de vie sans lien logique apparent, faisant des...
6
le 28 févr. 2022
Suivrepour alléger toutes les peines lorsque la vie est dure, dure aux femmes d’abord, puisque les hommes jouent les mâles. C’est un peu ce qui se passe dans cette famille de Liverpool des années 50. Un...
7
il y a 2 jours
SuivreLégers spoilers.« <i>Nous vénérons les lieux abhorrés</i> », confiait la voix-off de Terence Davies dans <i>Of Time and the City</i>, son documentaire sur Liverpool. Ce...
6
il y a 2 jours
Suivre<i>Zootopie</i> est un film sympathique, pris dans une contradiction entre sa parabole anti-raciste (ne pas se fier aux clichés inhérents à chaque espèce) et l’anthropomorphisme qui fait...
4
il y a 2 jours
SuivreProjet plutôt intriguant, <em>Zombillénium</em> est finalement peu convaincant. Son récit ressemble à une note d’intention (il faut voir comment chaque personnage est caractérisé et...
3
il y a 2 jours
SuivreUn énième avatar de ces sous-sous-sous-<em>Guy-Ritchie-movies</em> qui pullulent, avec toujours le même programme : fric à foison, drogue et carrés VIP, brutes et pratiques mafieuses,...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème