N’ayant pas obtenu l’autorisation du ministère pour projeter son dernier film, Bahram cherche en vain une salle, quitte à organiser une séance clandestine.
Sur la Vespa rose de son amie productrice, le barbu a tout d’un Nanni Moretti période Journal intime. Son crâne dégarni et ébouriffé, ainsi que le refrain jazzy qui ouvre et referme le bal, le rapprocheraient aussi de Woody Allen. Sauf qu’ici, c’est la tour Milad et non Manhattan qui se dresse à l’arrière plan.
Aujourd’hui plus encore qu’hier, il n’est guère facile d’être réalisateur en Iran. Les scènes avec le chien, animal considéré comme impur, doivent être coupées. Quant à la langue turque utilisée, elle est à proscrire. Dans ce récit picaresque, qui croise le chemin d’invisibles censeurs, de distributeurs haut perchés, d’un faux prophète, d’un drone trafiquant de drogue et d’une amie des animaux, l’entraide et les magouilles laissent quelque espoir aux artistes. Les rencontres, amusantes, satiriques ou ennuyeuses, ne sont toutefois pas toujours à la hauteur des attentes. Reprenant le même procédé que dans ses plus percutantes Chroniques de Téhéran, à base de longs plans fixes, Ali Asgari signe, entre humour et satire, un hommage à tous les cinémas, sans barrières, de Bergman à Matrix.
(6/10)
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