L'illusion d'un manifeste : la satire exsangue de Divine Comédie

Si l'ambition d'Ali Asgari était de prolonger la charge frontale amorcée avec Chroniques de Téhéran, Divine Comédie s'abîme tristement dans une mollesse déconcertante. L'œuvre se rêve en brûlot politique, mais n'en offre qu'une déclinaison pâle et anémiée, le réalisateur peinant à retrouver le courage et l'incisivité de ses précédents travaux. L'absurdité de la censure et la bêtise institutionnelle ne transparaissent que par de brefs à-coups, diluées dans un bavardage stérile qui étouffe toute tentative de causticité. L'ébauche de comédie, pourtant annoncée par son titre, se révèle si inerte qu'elle échoue à arracher le moindre rictus.

Là où son propre cinéma parvenait jadis à disséquer le réel avec une acuité mordante, le geste d'Asgari brille ici par son impuissance. Le film revendique l'audace d'un manifeste indépendant, mais s'embourbe dans un discours de surface. Il s'apparente in fine à l'écho lointain et verbeux d'une indignation qui a perdu de sa superbe, incapable d'incarner cinématographiquement la gravité de son sujet.

Sorens
4
Écrit par

Créée

il y a 2 jours

Critique lue 4 fois

Divine Comedy

Divine Comedy

6

CineFiliK

le 7 mai 2026

Suivre

“La première séance”

N’ayant pas obtenu l’autorisation du ministère pour projeter son dernier film, Bahram cherche en vain une salle, quitte à organiser une séance clandestine.Sur la Vespa rose de son amie productrice,...

Divine Comedy

Divine Comedy

7

el_blasio

le 1 mai 2026

Suivre

Un cinéphile au régime

Dans cette comédie grinçante, Ali Asgari explore le courage et l’abnégation nécessaires pour préserver son intégrité artistique, un combat qui prend une dimension presque biblique dans un régime...

Urchin

Urchin

8

Sorens

le 19 nov. 2025

Suivre

Pour les gens qui vivent en marge…

… il n’y a pas de fin propre aux histoires de survie, seulement des cycles. Le film déconstruit l’idée de dénouement : prisonnières d’un déterminisme qui les ramène toujours au même point, les vies...

Babygirl

Babygirl

2

Sorens

le 30 janv. 2025

Suivre

Seulement un sentiment de vide

"Babygirl", malgré la présence de Nicole Kidman, s'avère une déception. Le film tombe dans les travers du cinéma américain contemporain : une esthétique léchée qui masque un vide abyssal. Les décors...

Union County

Union County

8

Sorens

le 2 oct. 2026

Suivre

Union County : La grâce au creux des failles

Véritable manifeste d'un cinéma indépendant farouchement affranchi des impératifs commerciaux, Union County tire sa majesté de son abolition radicale de la frontière entre fiction et réalité. Si les...