''Dix petits nègres'' – 1974 de Peter Collinson est un métrage typique des productions internationales européennes de la période avec la touche de vulgarité italienne qui convient dans les décors et les costumes.
La transposition dans un gigantesque hôtel abandonné en plein désert rend l'histoire plus fantasmagorique avec ambiance giallo – ne manquent que l'hémoglobine et les coups de zoom que le réalisateur nous épargne. La musique lancinante mais relativement discrète participe de la tension proto-horrifique qui ne se résout jamais de cette manière.
L'opus s'éloigne délibérément de l'atmosphère agathachristienne en faisant de l'hôtel un personnage à part entièrement distillant le malaise par son gigantisme vide et labyrinthique. Pour la mémoire cinéphilique du XXIe siècle, une architecture pré-shining exotique, sans enfant ni hallucination.
Nota : lorsqu'on y réfléchit l'intrigue d'Agatha Christie est tout à fait absurde : pourquoi le juge choisit-il ces dix assassins-ci parmi tant d'autres possibles ? Quel intérêt trouve-t-il à commettre ses propres assassinats ? Vengeance ? Justice ? ...just a game