Adapter le roman Dolores Claiborne était chose très difficile, voir impossible. En effet, c’est avant tout une histoire introspective sans réelle trame et intrigue. L’exercice semblait impossible et pourtant Taylor Hackford y arrive parfaitement. Il choisit donc de s’affranchir du livre pour offrir une histoire linéaire en y injectant les images du passé.
Pour mettre l’histoire en image, il opte pour une image triste et morne pour le présent, tandis que le passé est rempli de couleur chatoyante. Cela donne une réelle identité visuelle au film, une cohérence d’ensemble et une facilité de lecture et repérage temporel. Dès lors, le film se suit avec plaisir. On passe du passé au présent avec facilité et le drame se construit petit à petit sous nos yeux inévitablement.
Malgré tout cela, le film ne peut s’empêcher d’avoir quelques longueurs. Mais le jeu des deux actrices qui offre un combat mère/fille poignant est d’une classe indéniable avec une Kathy Bates là encore parfaitement en adéquation avec son rôle
Sans sa fin mélodramatique, le film aurait pu avoir sa note maximale. En l’état, Dolores Claiborne est une adaptation de qualité, intelligente à la construction narrative et visuelle en parfaite adéquation. Un vrai plaisir à regarder.