Don’t Let Go déconcerte par son incapacité à incarner, par une forme originale et par une direction d’acteurs convaincante, son dispositif au demeurant plagié sur deux œuvres du cinéma américain récent : soit la rencontre d’Interstellar (Christopher Nolan, 2014) – le dialogue complexe entre deux espaces-temps parallèles, la partition atmosphérique empruntée à celle de Hans Zimmer – et de Get Out (Jordan Peele, 2017), avec cette façon de sonder les traumatismes du passé dans un présent amnésique qu’il faut explorer. La réalisation reste trop approximative, desservie par un cadrage balbutiant (caméra à l’épaule dépourvue de sens ici) et par une gestion chaotique de la lumière. Bref, le long métrage est hideux et n’a même pas pour lui son scénario, labyrinthe grossièrement résolu à terme par l’interminable tirade de Bobby Owens, l’ami pas si amical que cela, à grand renfort d’armes à feu. Un ratage conséquent.