Rick Famuyiwa est un réalisateur américain qui n’avait fait que des œuvres typiques de la vague afro-américaine des 00’s, entre The Wood et Brown Sugar, à l’image de Gary Hardwicke, par exemple.
Or, il se trouve qu’avec Dope, Famiyiwa commence enfin à trouver le succès critique et public qu’il méritait depuis son excellent The Wood (qu’il lie de manière extrêmement habile avec cet opus). Si l’on peut penser que ses précédents films étaient bons, Dope passe un palier. Pourtant, le film est extrêmement chaotique, oubliant parfois certains personnages importants pendant près d’un quart d’heure pour les faire revenir comme des fleurs (Zoë Kravitz tout particulièrement alors qu’elle y est vraiment très bonne dans un rôle assez nouveau pour sa carrière).
Cependant, il y a une telle énergie et un tel humour (parfois très noir), Dope parvient à faire oublier tous ses petits défauts grâce à cela et à son interprétation : Tony Revolori, Roger Guenveur Smith et Keith Stanfield sont excellents, tandis que quelques caméos bien sentis comme celui de De’Aundre Bonds pour les connaisseurs sont assez savoureux. Le soin apporté à la bande-son est impressionnant, où KoRn côtoie Naughty by Nature et permet même à quelques séquences de rayonner à l’image de celle sur The World is Yours.
Refusant constamment de pleurer sur son sort et de faire une étude sociologique de South Central 20 ans après Boyz N The Hood, Dope se fait un nom dans une année cinématographique 2015 déjà très riche.