Encore plus que pour La Nuit du 12 (au point d'en oublier un peu le cinéma), Dominik Moll choisit l'austérité et la rigueur qui entourent ces personnages persuadés qu'en faisant les choses comme il faut, ils aboutiront à une sorte de justice, ou tout du moins de vérité. La chute n'en est que plus brutale quand il ne reste qu'impuissance froide, rage rentrée face à des violences systémiques (patriarcales dans la Nuit du 12, policières ici) dont les auteurs ont trop de pouvoir pour avoir même besoin de reconnaître le réel de leurs exactions. Difficile de ne pas en ressortir aigre, quand on sait que l'exemple ici traité (et inventé) se décline, encore et encore, dans une impunité totale, même quand un film unanimement reconnu s'y confronte, avec finalement si peu d'impact.