Plutôt sympa le dernier film de Dominik Moll, surtout dans son rythme et sa facture (on passe un bon moment !) mais sur le fond, un peu problématique. Le réalisateur explique qu'il a fait un travail quasi-documentaire, que la patronne de l'IGPN lui a ouvert les portes, qu'il a suivi des heures et des heures de procédures etc. mais à la fin, il nous fait croire qu'une enquêtrice (certes magistralement jouée par Léa Drucker) peut être si intègre, si engagée, alors même que jamais aucune sanction sérieuse ne découle de ses enquêtes. C'est d'ailleurs dit dans le film dans la scène sans doute la plus intéressante avec la femme de ménage de l'hôtel chic, lorsque cette dernière s'apprête à rentrer dans sa cité : "Combien de flics ont été révoqués suite aux enquêtes de l'IGPN ?" et l'enquêtrice d'admettre, piteusement, "zéro". Alors le film prend un autre visage, celui de la réhabilitation d'une institution viciée dans sa construction même puisque des flics jugent leur collègues. Et le public risque de croire à la légende de flics intègres à l'IGPN, dévoué·es aux valeurs de la République, à l'image du personnage principal, alors qu'entre 2020 et 2022, si 13 pays de l’UE ont enregistré au moins 488 décès en garde à vue ou lors d’interventions policières, la France présente les chiffres les plus élevés, suivie de l’Irlande, de l’Espagne et de l’Allemagne (source Basta ci-dessous).
Et que dire de l'IGGN qui dort pendant deux ans et demi sur les vidéos des gendarmes qui démontrent leurs exactions à Sainte-Soline ? (sources Mediapart/Libération)
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