Placé en première position des meilleurs films français de l'année 2025 par les senscritiqueurs, que faut-il penser de cet énième film sur le mouvement des Gilets Jaunes ?
Tout d'abord, notons que le film se place du point de vu de la police, ce qui n'a pas encore était trop fait. Alors cela est-il pertinent ?
Bon, certes Léa Drucker joue très bien et est convaincante mais il y a comme un problème dans ce film, celui des dialogues. Et notamment tout ce qui touche au discours politique. Toutes les phrases semblent prémâchées, caricaturales et sans humanité. Autrement dit elles auraient pu être dites par quelqu'un d'autre. Et au pire elles nous frustrent, au mieux elles nous énervent.
(néanmoins mention spéciale à Geneviève Mnich, la mère de Stéphanie qui était très bien dans son rôle)
Le problème majeur de Dossier 137 est qu'il veut parler des Gilets Jaunes sans les Gilets Jaunes. Ce qui lui fait perdre toute sa substance et son message. Transformant le plus fort mouvement politique français du XXIe siècle en un simple décor anorganique.
Aussi il y a cette empathie insupportable envers le Gilet Jaune non-violent, non politisé et un peu inconscient qui fini injustement éborgné après avoir croisé le chemin de policiers dysfonctionnels. Comme si cela n'aurait pas dû arriver. Comme si la bourgeoisie était raisonnée quant à l'usage de sa propre violence lorsqu'il s'agit de défendre ses intérêts. Elle ne l'a jamais été. Alors pourquoi ce Gilet Jaune n'a t-il pas le droit à la violence quand son seul crime fut de vouloir un peu de justice sociale ? Le Gilet Jaune violent mérite t-il d'être éborgné ?
Mille fois rappelé, puisqu'il le faut, rappelons le encore, c'est la violence de classe qui a produit cette violence. C'est cette envie inconsciente des provinciaux de voir Paris centre brûler. Ce Paris intouchable de la bourgeoisie qui ne leur a jamais appartenu et qui prend toutes les décisions.
Enfin, il y a cette impression désagréable d'après-film qui nous fait dire que la violence physique ne serait légitime que du seul côté des forces de l'Ordre. Comme si il y avait un bon et un mauvais Gilet Jaune, celui qui est violent et celui qui ne l'est pas.
Mais détrompons nous, la violence des Gilets Jaunes était bien légitime et était cette ultime voie désagréable mais libératrice qui a permis a une partie conséquente de la population d'exister, ironiquement, en fluorescent.
6/10