C'est agaçant. J'ai vraiment rien contre ce film. Domnique Moll, dont j'apprécie le travail, assure vraiment le job. La mise en scène est soignée, alternant la narration de l'enquête et les prises de vue dans le style "amateur", ressemblant à s'y méprendre à des vraies images d'archives. Léa Drucker mène son rôle d'enquêtrice droite et chevronnée à la perfection. Mais on sait par avance ce qu'il adviendra du dossier traité, parmi 315 autres ouverts par l'IGPN concernant les gilets jaunes: rien. Parmi toutes ces enquêtes, souvent nourries de preuves tangibles, deux policiers ont été sanctionnés légèrement (pas privés de dessert, mais presque...). Et c'est ça qui énerve. On sait bien que cet agent fait son job avec passion, la justice chevillée au corps. Mais le poids des syndicats, le soutien médiatique/ étatique aux violences qu'on qualifie d'ailleurs de "légitimes" (en opposition à celles des manifestants, dont je rappelle que plus de 1000 ont fini au trou), finissent par faire échouer l'enquête. Ou comment un état de droit est bafoué, au motif qu'il ne faut pas "se mettre à dos" les principaux garde-fous des gouvernants. Une profonde réflexion sur la nécessité de réformer cette "police des polices" fantoche, comme bien des pays l'ont déjà fait, pour mieux contrôler le maintien de l'ordre en France, qui demeure, selon les ONG, le plus meurtrier d'Europe...