Comme tout bon roadtrip qui se respecte, D'où vient le vent, le premier long métrage d'Amel Guellaty, possède une excellente B.O et montre des paysages spectaculaires, dans cette escapade qui nous transporte de Tunis à Djerba. Il y a beaucoup de légèreté, de générosité et d'humour dans ce voyage de deux jeunes gens liés par une longue amitié, et plus si affinités. Mais la profondeur affleure aussi, dans le sens qu'il s'agit d'un véritable portrait générationnel qui témoigne d'un désenchantement de la jeunesse, désillusionnée après les espoirs nés de la révolution tunisienne, avec cette seule alternative : partir ailleurs ou rester et subsister sans espoir particulier. La particularité du film vient de ses visions oniriques et poétiques, très brèves et colorées, qui redonnent du lustre au film quand celui menace de ronronner. Tendre, lucide, amère et vibrante, cette comédie sans prétention, mais politique dans sa manière douce, indique bien les difficultés d'un pays à changer et à offrir un avenir à une génération qui ne peut que constater que le conservatisme et les traditions bien établies l'empêchent d'évoluer. Le faire de manière ludique, drôle et libertaire rend D'où vient le vent toujours divertissant à suivre. Avec en plus une actrice épatante, Eya Bellagha, dont l'énergie et la finesse de jeu ne peuvent qu'être remarquées.