Prenez un réalisateur français spécialisé dans le porno, associez-le à un producteur de cinéma populaire plutôt bis, ajoutez-y une adaptation d’un célèbre roman de Robert Louis Stevenson, relevez-là avec la figure de Jack L’Éventreur, conviez Anthony Perkins pour rejouer un type dérangé et schizophrène, mixez l’univers victorien de la fin du XXe avec les années 1980, mélangez le tout et vous obtenez un objet étrange et délirant. En clair, on marche ou on ne marche pas. Anthony Perkins est, au choix, génial dans son double rôle ou totalement grotesque à force d’en faire des caisses. Entre l’aimable et timide docteur Jekyll et le dégénéré Mr. Hyde, la nuance est aux orties, et Gérard Kikoïne monte les curseurs à leur maximum entre la vie diurne de l’un et la vie nocturne de l’autre. L’ambiance nocturne est visuellement une réussite. Les couleurs claquent et la caméra s’engage dans des plans baroques et insolites. Mais tout est tellement excessif que le résultat finit par décourager.


Dans cette version trash du roman de Stevenson, on retrouve clairement l’ambiance glauque telle qu’elle s’envisageait dans les années 80. Néon rouge, néon bleu, maquillage outrancier, toutes les scènes nocturnes du film évoquent les clips de l’époque. Des images qui claquent, des couleurs qui se télescopent, et une version qui se veut hard entre Éros et Thanatos. Mais le trait est trop épais pour convaincre. Gérard Kikoïne enchaîne les scènes hallucinées pour retranscrire la psyché dérangée de son protagoniste mais le parti-pris esthétique du film est tellement en décalage avec l’époque définie par le récit que tout s’apparente à une supercherie grand-guignolesque ridicule.


Reste, enfin, le récit en lui-même. Une fois le concept posé, le film n’est plus qu’une simple description d’un état qui raconte aussi en creux celui d’une descente dans les enfers de la drogue, en l’occurrence la cocaïne. Mais l’ensemble est hélas privé d’un cheminement du héros ou d’une enquête parallèle qui aurait permis de donner une certaine épaisseur à l’ensemble. Tant et si bien qu’on finit par s’ennuyer devant ce portrait d’une dégénérescence pop mais vaine. Très particulier.

3,5/10

Play-It-Again-Seb
3

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le 29 févr. 2024

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PIAS

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