🎬 DREAMS - Michel Franco | ⭐ 2,5/10
"𝘍𝘦𝘳𝘯𝘢𝘯𝘥𝘰, 𝘫𝘦𝘶𝘯𝘦 𝘥𝘢𝘯𝘴𝘦𝘶𝘳 𝘮𝘦𝘹𝘪𝘤𝘢𝘪𝘯, 𝘵𝘳𝘢𝘷𝘦𝘳𝘴𝘦 𝘤𝘭𝘢𝘯𝘥𝘦𝘴𝘵𝘪𝘯𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘭𝘢 𝘧𝘳𝘰𝘯𝘵𝘪𝘦̀𝘳𝘦 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘳𝘦𝘫𝘰𝘪𝘯𝘥𝘳𝘦 𝘑𝘦𝘯𝘯𝘪𝘧𝘦𝘳, 𝘶𝘯𝘦 𝘈𝘮𝘦́𝘳𝘪𝘤𝘢𝘪𝘯𝘦 𝘪𝘯𝘧𝘭𝘶𝘦𝘯𝘵𝘦. 𝘔𝘢𝘪𝘴 𝘴𝘰𝘯 𝘢𝘳𝘳𝘪𝘷𝘦́𝘦 𝘧𝘪𝘴𝘴𝘶𝘳𝘦 𝘭’𝘦́𝘲𝘶𝘪𝘭𝘪𝘣𝘳𝘦 𝘥𝘦 𝘭𝘦𝘶𝘳 𝘳𝘦𝘭𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯."
Après le très beau et élégant Memory, souvent cité parmi les plus beaux films de 2024, on était en droit d’attendre beaucoup de ce nouveau projet de Michel Franco, d’autant qu’il retrouve Jessica Chastain en tête d’affiche. La déception n’en est que plus brutale. Le film est raté de bout en bout, prisonnier d’une mise en scène froide et clinique qui enferme les personnages et le récit dans des cadres rigides, trop composés, dans un souci d'esthétisation permanente.
Tout est surligné, appuyé, martelé. Les scènes enchaînent les clichés les plus lourds sur la difficulté d’intégration des immigrés mexicains aux États-Unis, sans jamais laisser place à la nuance ou à la complexité. Les personnages secondaires, en particulier le père et le frère, sont réduits à des figures caricaturales censées incarner la défiance ou l’hostilité vis à vis de l'immigration mexicaine.
Jessica Chastain se démène pour sauver l'ensemble du marasme mais finit par surjouer dans un rôle qui ne lui laisse aucun espace de respiration. Le film accumule par ailleurs des scènes sexuelles, qui finissent par devenir risibles et produire un effet franchement gênant : à force de répétition, l’immigré est fétichisé, ramené à une forme d’animalité où sa valeur semble se mesurer à sa seule capacité à satisfaire sexuellement sa partenaire. Je trouve également problématique de mettre encore en scène une scène de viol de cette manière en 2026.
La dernière partie enfonce définitivement le clou : le récit bascule vers un fil narratif ridicule, embarrassant et mal joué, dont on peine à saisir le sens ou l’intention.
Michel Franco signe ici un film lourd, maladroit et profondément décevant, qui passe complètement à côté de son sujet, qui, à force d'en faire trop, finit par se retourner contre lui-même.
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