Le genre de film qui laisse sur sa faim à chaud mais qui fait cogiter même les jours suivants son visionnage. J'ai mis 5/10 à chaud et finalement je rajoute 2 points.
Au mythe romantique, "l'amour peut transcender frontières et classes sociales", Michel Franco répond "Non, froidement".
Littéralement, dans une esthétique glaciale, il souligne, au contraire, la violence des rapports de domination dans un couple qui n'a rien d'ordinaire : une riche héritière et un immigré illégal.
Dans ce film peu bavard et lent, ce qui est intéressant, c'est que le réalisateur nous traite avec intelligence en faisant confiance à son cinéma. Le film réussit par son refus de la sursignification. Tout réside dans le non-dit. On ne nous dicte pas ce qu'il faut penser, à chacun d'interpréter cette relation ambiguë.
Cette approche se ressent jusque dans les scènes de sexe, réussies, qui sont le terrain de jeu privilégié du rapport dominant/dominé. Les corps et leurs positions ne sont jamais un espace neutre de plaisir, mais un miroir de la lutte sociale entre les deux personnages.
Pourtant, à force de vouloir illustrer les mécanismes de domination, les choix extrêmes des personnages paraissent forcés. Le réalisateur cherche à nourrir sa fable sociologique, même si cela impose aux personnages de prendre des décisions qui semblent trop radicales, en tout cas dans l'espace-temps court d'un film.