Nicolas Winding Refn reprend The Driver de Walter Hill avec perte et fracas.
Car là où The Driver était un film basé sur la lenteur, où les personnages semblaient tous morts, les courses-poursuites étant les seuls éléments qui les rendaient vivants, ici tous les personnages sont bien vivants.
Cette atmosphère dilatée ne fonctionne donc pas vraiment.
Ryan Gosling, mutique, mais pas trop, n'est pas Ryan O'Neal, qui semble constamment ne plus exister que pour la conduite.
L'autre problème du film, c'est qu'il ne nous donnera jamais ce qu'il nous a promis dans l'introduction.
À savoir un film de braquages nocturnes, avec un pilote réalisant des prouesses au volant.
Il n'y aura qu'un autre braquage, de jour, et une course-poursuite bien moins maîtrisée.
Le film a beaucoup de mal à vraiment démarrer.
On suit donc ce personnage mystérieux, qui va tomber amoureux de sa voisine et vouloir l'aider.
À partir du braquage qui tourne mal, le film démarre réellement et devient vraiment bon.
L'utilisation de la musique ne me dérange pas en soi, j'adore les interludes musicaux au cinéma.
Mais n'est pas Tony Scott qui veut, et je trouve qu'il y a un côté clip musical dans le montage, assez superficiel.
Il y a cette fameuse scène de l'ascenseur qui semble totalement fantasmée, tant l'éclairage s'assombrit et le type a l'aire d'attendre sa raclée sans réellement réagir. L'idée est de nous montrer l'amour et la violence, mais l'exécution est discutable. Tout comme la fin, qui paraît elle aussi relever du fantasme.
Mis à part cela, l'idée que tout s'écroule à cause d'un seul choix, celui de vouloir aider quelqu'un alors que le personnage semble solitaire et replié sur lui-même est judicieuse, et le film reste particulièrement efficace dans sa seconde partie.