Malgré le titre honteux de cette critique et certaines thématiques communes aux deux films, tout semble séparer Baby Driver d’Edgar Wright sorti récemment sur nos écrans (à l’heure où j’écris ces quelques lignes) et Drive qui s’apparente plus à un certain Collatéral de Michael Mann où l’on aurait inversé les rôles de chauffeur et passager.


Le sujet n’est pas dépourvu d’analogie « l’histoire d’un double-jeu entre jeune homme lambda le jour et conducteur rigoureux et méthodique pour la pègre la nuit » mais il est ici traité de façon beaucoup plus mature.


Là ou Edgar Wright nous présentait un personnage haut en couleur, naturellement bon avec son prochain, présentant un léger handicap car forcé de rythmer sa vie aux notes d’une bande son entrainante qui définira le squelette du film.
Refn, lui, nous propose un personnage froid, distant, lui aussi naturellement avenant, présentant également un léger handicap : il rythme sa vie au son du silence le plus total.
Interprété par Ryan Gosling qui se livre à une prestation des plus monolithique mais pas dépourvue de nuances, le personnage du conducteur ne marquera aucune de ces apparitions par une quelconque punchline comme le ferait n’importe quel personnage de gangster issu d’un bon vieux Tarantino. Les lignes de dialogue du dit-personnage sont épurées pour en conserver l’essentiel un brin minimaliste.


Passé l’incroyable scène d’introduction du film, l’histoire prend son temps et n’hésite pas à s’installer dans une certaine lenteur des plus dérangeante, jouissant tout de fois d’une photographie hors du commun. Mais ce rythme lent va progressivement s’accélérer d’une manière exponentielle jusqu’à un point de non-retour violent qui marquera une coupure brutale avec ce qui nous est montré depuis le début du film, créant un décalage cru auquel on ne s’attendait pas et qui, une fois lancé, ne s’arrête plus. Une bonne surprise.


En total symbiose avec l’état de notre personnage, cette évolution dans la narration sert parfaitement un scenario simple mais efficace, mis en scène avec brio du début à la fin.


Une histoire de gangsters contemporains de plus dans la cité des anges. Un récit simple mais fort que l’on prend toujours autant de plaisir à consommer.

Créée

le 4 déc. 2017

Critique lue 353 fois

Drive

Drive

2

Knikov

le 6 oct. 2011

Suivre

J'ai du rater quelque chose

Non mais c'est une blague ? C'est quoi cette presse unanime ? ce prix de mise en scène ? On a vu le même film ? Alors certes, ce n'est pas MAL fait. Mais j'ai l'impression d'être a des kilomètres du...

Drive

Drive

8

GagReathle

le 26 mars 2014

Suivre

You're driving me crazy

Lors de mon premier bout de chemin avec Drive, je n'avais pas été totalement satisfait du voyage. Malgré de sérieux arguments, il n'avait pas su me conduire au septième ciel. Pourtant, au départ,...

Drive

Drive

5

drélium

le 12 oct. 2011

Suivre

Dry

Une masse du public en extase, une presse dithyrambique, une moyenne SC indolente, un paquet d'éclaireurs divers et variés quasi unanimes en 8 et 9. Même le projectionniste avant la séance me sort un...

A Taxi Driver

A Taxi Driver

8

IroquoisPliskin

le 12 janv. 2018

Suivre

L’un des meilleurs De Niro

Travis Bickle, un jeune homme du Midwest et ancien marine, est chauffeur de taxi de nuit à New York. Insomniaque et solitaire… Et merde, je me suis encore trompé de film. Outre l’humour totalement...

Vice

Vice

7

IroquoisPliskin

le 15 janv. 2019

Suivre

Cynical Dick

Vice représente tout ce que j’apprécie dans le cinéma. Un cinéma qui dénonce et rit face à l’ironie d’une machine aux rouages bien huilés, alimentée par le sang, l’argent, la bêtise humaine... Et les...

Thor: Ragnarok

Thor: Ragnarok

5

IroquoisPliskin

le 30 oct. 2017

Suivre

L’avocat du Diable et de son anus

Thor : Ragnarok est une gigantesque fresque tragique, une ode à la destruction, somptueuse et magistrale. Le film nous raconte l’histoire, comme son nom l’indique, du Ragnarök avec un grand...