Après la vision de « Good Kill », « Drones » n’écarte pas plus la morale de l’histoire qui se veut plus explicite ici.
Au lieu de peser par la démarche académique d’Andrew Niccol, Rick Rosenthal opte pour un décalage à huis clos, limitant également les protagonistes. Deux acteurs portent le fardeau d’un rythme extrêmement gênant. On se perd rapidement dans la banalité du scénario linéaire.
Il suggère de critiquer l’aspect moral et éthique des utilisations de drones au combats, que ce soit au Moyen-Orient ou ailleurs. Eloise Mumford (Sue Lawson), nouvelle recrue des écrans s’associe à Matt O'Leary (Jack Bowles) pour nous distraire sur l’art de douter. Entre les décisions stratégiques et morales, on ne peut s’empêcher de renier la mise en scène, trop perceptible dans la mesure où le contexte ne respecte pas la réalité des choses.
Certains détails valent tout de même la peine d’être retenu. Ce qui ne remet pas pour autant en cause le système et les erreurs d’ajustement de ces pilotes de l’ombre. Cela expose simplement les risques majeurs et la fragilité de l’état d’âme d’une personne extérieure à l’action. C’est bien ce que l’on regrette ici, car le manque d’implication et d’expérience pour appuyer l’hypothèse ne résout pas la problématique initiale, car vient s’empaler dans une brochette de conflits peu cohérents.
« Drones » porte en lui le bon raisonnement sur la dégradation de la conscience humaine, cependant ne perçoit pas la bonne démarche. Sa conclusion se dissipe ainsi dans des querelles peu convaincantes, où le débat entre ôter des vies et en épargner d’autres ne trouvera que l’issue médiatique des événements réellement exposés…